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FRANC CFA – Première journée internationale de mobilisation contre la monnaie « coloniale »

De Paris (France) à Dakar et Zinguinchor (Sénégal), en passant par Abidjan (Côte d’Ivoire), Ouidah (Bénin), Ouagadougou (Burkina Faso), Bamako (Mali), Londres (Grande Bretagne), Bruxelles (Belgique), Bologne (Italie), Kinshasa (RD-Congo), Haïti… a eu lieu le 7 janvier, pour la première fois, une Journée internationale de mobilisation sur le thème du franc CFA avec, pour point focal, l’indépendance monétaire de l’Afrique.

L’appel a été lancé en décembre 2016, pour le lancement d’un front contre le franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique). Cela concerne 14 pays d’Afrique francophone (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République Centrafricaine, République du Congo, Sénégal, Tchad, Togo) et les Comores.

Il s’agit d’une dénonciation tous azimuts de cette monnaie créée en 1945 et qui perdure malgré les indépendances des pays d’Afrique francophone, que certains Africains considèrent de «monnaie postcoloniale et de servitude». Ils exigent «un débat et la vérité» sur les comptes d’opérations ouverts par les banques centrales africaines auprès du Trésor français. «Le temps est venu de mettre en œuvre des solutions alternatives pour un développement économique qui corresponde réellement aux besoins des populations africaines. Au-delà, la société civile pose la question d’une autre architecture financière, qui déboucherait sur la monnaie unique africaine», indiquent les panafricanistes.

L’objectif de la mobilisation est de contribuer aux débats en Afrique, en Europe et en Amérique «concernant les moyens de sortir de cette servitude monétaire, et d’informer l’opinion africaine, française et européenne des conséquences du lien qui attache encore l’ancienne métropole à ses ex-colonies. Il s’agit également de discuter des transformations indispensables à opérer tant au niveau institutionnel que politique pour répondre aux intérêts des quinze pays de la Zone franc CFA dont onze sont classés parmi les pays moins avancés (PMA) par les Nations Unies», ajoutent-ils.

Ils invitent à «penser une Afrique nouvelle, donc à penser l’émergence d’un continent libéré du joug impérialiste, qui prend en main son économie et gère directement l’exploitation de ses propres ressources naturelles. La monnaie restant un attribut de souveraineté. Or, le franc CFA, cheval de Troie du néocolonialisme, empêche évidemment cette impulsion».

Cette action coordonnée «du 7 janvier 2017 contre l’ordre économique du système franc CFA est une mobilisation inédite et historique. Elle met en lumière la capacité des Africains et afro-descendants à comprendre l’urgence de prendre part à ces discussions afin de s’impliquer réellement dans l’avenir du continent», poursuivent les panafricanistes.

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