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ETHIOPIE: 70.000 villageois expulsés pour louer leurs terres

 

Les forces de sécurité auraient utilisé la violence pour déloger les habitants de leurs terres.

Les autorités éthiopiennes ont expulsé des milliers de villageois de leurs terres pour faire place au développement de projets agricoles, provoquant leur appauvrissement et menaçant leur sécurité alimentaire, a déclaré l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), selon qui, au moins 3,6 millions d’hectares (soit plus que la superficie des Pays-Bas), ont été loués à des sociétés étrangères ou appartenant à l’Etat éthiopien.

 

Les forces de sécurité ont utilisé la violence pour obliger les habitants, environ 70 000, à abandonner leurs terres, notamment dans la partie ouest de la région de Gambela, vers des localités où, selon le rapport, ces populations «manquent de nourriture adéquate, de terres arables, de soins de santé et d’installations scolaires».

Jean-Marie Fardeau, directeur du HRW Paris, a révélé que, contrairement aux déclarations des autorités d’Addis-Abeba, «toutes les personnes ont confirmé que les déplacements de populations dans la région de Gambela n’étaient absolument pas volontaires et que les populations qui étaient déplacées se retrouvaient dans une situation extrêmement précaire, sans pouvoir réellement survivre. il est extrêmement touchant et émouvant de voir que tous les témoignages se résument en une phrase: “Nous attendons la mort”. C’est dire qu’ils ne voient pas comment survivre sur ces terres. Ils craignent une famine sur ces terres qui leur auront nouvellement été attribuées, alors que des terres fertiles ont été apparemment louées en grande quantité à des investisseurs étrangers».

Comme c’est le cas du nouveau village de Bildak (photo), dans la région de Gambela dans l’ouest de Éthiopie, qui a dû être rapidement abandonné en mai 2011 par les Nuer, un peuple semi-nomade qui y avait été transféré de force, parce qu’il n’y avait aucune source d’eau pour leur bétail.

Jean-Marie Fardeau espère que ce rapport obligera les autorités éthiopiennes à respecter leur Constitution, mais également leurs engagements internationaux qui interdisent les déplacements forcés et en particulier ceux des populations autochtones.

 

 

 

 

 

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