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EGYPTE: Place Tahrir, au Caire, près de 50.000 personnes ont manifesté contre le président Mohammed Morsi

Ne pas trahir… Tahrir!

De mémoire d’activiste, il y a bien longtemps que la place Tahrir n’avait pas connu pareille ferveur. Pas tant par le nombre de manifestants, autour de 50.000, que dans la conviction avec laquelle les libéraux, comme on les appelle, ont dénoncé sur la place Tahrir, le coup de force du président Mohammed Morsi. Ou plutôt du « pharaon » Morsi comme l’a ironiquement rebaptisé Mohammed El Baradei, qui préside le parti de gauche Doustour.

altEn s’arrogeant provisoirement les pleins pouvoirs, le président a déclenché la colère de ceux qui ont le sentiment toujours un peu plus fort de s’être fait voler leur révolution.

« Morsi, enlève ta barbe, on verra Moubarak« , « Le peuple veut la chute du régime » et « Pain, liberté, les Frères ont vendu la cause« , se sont égosillés les manifestants.

A deux pas de la place, dans la rue Mohammed Mahmoud, aux abords du ministère de l’Intérieur, des combats continuaient d’opposer, comme c’est le cas depuis cinq jours, des jeunes activistes et les forces de l’ordre, pierre et cocktail molotov contre lacrymo et parfois chevrotine.

C’est d’un tir de cette arme qu’un militant membre de l’organisation 6 avril, pionnière de la révolution, a succombé (il est en état de mort clinique) en début de semaine alors qu’il était venu commémorer les affrontements qui ont coûté la vie à plus de 40 personnes, il y a tout juste un an.

Sur un immense drapeau blanc, le portrait de J.K en pochoir est agité par les manifestants. Mohammed, la vingtaine et plein de gel dans les cheveux, se dit lui aussi prêt à mourir pour défendre les idéaux de la révolution. « Morsi nous insulte, il nous a traité de voyous, mais il ne peut pas se débarrasser de nous et faire oublier que c’est notre sang qui a fait cette révolution. La police nous inonde de gaz mais on ne se laissera pas faire, on a les ultras avec va finir par les mater ces flics », jure ce militant enragé qui se dit convaincu que l’on est en train de vivre « la deuxième partie de la révolution » et que « celle-là sera la bonne« .

Moins belliqueux, Hossam, jeune père de famille, n’en reste pas moins éberlué de la décision du Président qu’il a contribué à élire : « Je ne suis pas islamiste mais j’ai voté pour Morsi car je pensais qu’avec Ahmed Chafik [l’autre candidat au second tour des présidentielles, NDLR], ça serait le retour à l’ère Moubarak. Aujourd’hui, c’est encore pire, Morsi a encore plus de pouvoirs« . Même s’il n’y croit qu’à moitié, Hossam espère que le Président va se raviser sans quoi ça pourrait, selon lui, être « la catastrophe ». Ce que craint Hossam, ce sont des affrontements frontaux entre militants islamistes et libéraux tels qu’il s’en est produit dans d’autres villes d’Egypte. Trois locaux du parti Liberté et Justice, branche politique des Frères, ont notamment été incendiés. « Beaucoup de gens ont des armes dans ce pays. J’espère qu’on ne va pas vers une guerre civile« , s’inquiète un commerçant du centre-ville.

Dans une allocution prononcée au palais présidentiel devant une foule composée d’islamistes, Mohammed Morsi a qualifié ceux qui se battent rue Mohammed Mahmoud de « baltagayas », soit de voyous payés pour créer le chaos.

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