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CEN – SAD: Sommet extraordinaire – Nouveau souffle pour une organisation moribonde?

Organisation as…sommet?

N’Djamena, la capitale du Tchad, a abrité le 16 février 2013, un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEN-SAD (Communauté des Etats Sahélo-sahariens). Objectif de cette rencontre: redynamiser l’organisation à travers des réformes qui cadrent avec les défis sécuritaires et du développement durable.

altA un ami qui tentait de nous joindre difficilement, nous lui envoyions un texto: «Je suis à Addis Abeba en partance pour N’Djamena pour assister à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEN-SAD». Il nous répondit en des termes éloquents: «Sommet de la CEN-SAD? Ça existe encore ce machin de Kadhafi?».

Eh oui! Comme lui, ils sont en effet nombreux à se demander si la CEN-SAD fonctionne encore tant, elle végète depuis quelques temps du fait du vent de la révolution libyenne qui a fini par emporter Moammar Kadhafi, le fondateur et principal bailleur de fonds de cette organisation africaine.

Créée le 4 février 1998 à Tripoli par la Libye, le Soudan, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, elle avait pour objectifs, entre autres, l’établissement d’une union économique globale basée sur une stratégie à travers un plan de développement complémentaire aux plans nationaux de développement des pays concernés, englobant l’investissement dans les domaines agricoles, industriel, énergétique, social et culturel ; la suppression de toutes les restrictions qui entravent le rassemblement de ces pays et la promotion du commerce extérieur par une politique d’investissement dans les États membres.

Ainsi déclinée, l’initiative du Guide a accueilli l’assentiment de beaucoup de pays, au nombre de 28, qui y ont adhéré. Très vite, on s’est rendu compte que l’ex-dirigeant de la Libye voulait en faire un instrument de leadership continental à son service. Au finish, l’institution ne suscitait plus tellement de l’intérêt.

Au nombre des réformes envisagées, la délimitation de l’espace géographique sahélo-saharien, la redéfinition des objectifs axés désormais sur la paix, la sécurité et l’intégration économique, et enfin le mode de fonctionnement en vue de mettre tous les pays au même niveau de cotisation pour qu’ils puissent parler à voix égale.

La veille du sommet extraordinaire, les experts et les chefs de la diplomatie des Etats membres se sont retrouvés à N’Djamena pour finaliser le Traité révisé et élaborer de nouvelles règles de gestion des structures et des ressources de l’organisation.

Tous les discours des 14 chefs d’état présents ont un trait commun: le constat que l’organisation déviait ses objectifs et avait emprunté le chemin d’une mort lente. Il fallait donc lui donner un nouveau souffle en tenant compte des enjeux et du contexte de la zone sahélo-saharienne marqué par «la sécheresse, la famine, la désertification et les endémies en tous genres ; et la gangrène que constituent le terrorisme et le crime organisé dans la région ainsi que le dénuement de l’Afrique face à de telles entreprises».

Le diagnostic est sans appel, les pays africains qui traversent en ce moment des crises et des conflits sont tous membres de la CEN-SAD: l’Egypte, la Tunisie, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Centrafrique et…le Mali. Si on tient compte du péril terroriste qui plane sur nos Etats, on peut dire que l’heure est grave. Idriss Déby a donc sonné l’alerte pour une solidarité agissante pour faire face à ces «illuminés» qui menacent l’intégrité de nos territoires. Le maître de N’Djamena a saisi, l’opportunité de ce sommet pour remercier la France pour tout le soutien apporté au Mali pour combattre les terroristes.

Mais si la lutte contre les djihadistes du Nord-Mali a montré la faiblesse des Etats africains et la précarité de leurs moyens, il leur appartient de trouver les voies et ressources pour désormais faire face à leurs problèmes internes.

Il importe donc, non seulement d’unir les forces, mais aussi de lutter contre la pauvreté et créer un environnement de paix. C’est pourquoi dans le traité révisé de la CEN-SAD, il a été créé un Conseil permanent pour la paix et la sécurité et un Conseil permanent chargé du développement durable.

Les 14 chefs d’Etat et de gouvernement présents ont signé le traité et le président en exercice de la CEN-SAD a demandé qu’il soit vite ratifié par tous les membres afin qu’au prochain sommet qui aura lieu à Rabat, au Maroc, l’organisation puisse avancer rapidement dans la mise en oeuvre et l’exécution de ses chantiers.

On aura retenu que ce sommet a permis à la CEN-SAD de renaître de ses cendres et de s’orienter vers des objectifs de développement.

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