Le syndicat Filcams Cgil dénonce les failles du système d’entrées pour le travail domestique. En 2026, plus de 50 000 demandes ont été déposées pour 13 600 places disponibles. Le syndicat réclame une révision des procédures pour lutter contre les irrégularités et l’exploitation.
Rome, 29 octobre 2026 – Le système italien de quotas pour l’entrée de travailleurs étrangers présente de fortes distorsions dans le secteur de l’aide à domicile. C’est ce que dénonce la Filcams Cgil, qui pointe du doigt un mécanisme jugé incapable de répondre aux besoins réels des familles et de garantir des parcours réguliers d’entrée et d’emploi.
Un chiffre ressort particulièrement : près de 80 % des demandes déposées en 2026 pour l’assistance familiale concernent des hommes, alors que le secteur domestique italien est occupé à près de 90 % par des femmes.
Un écart qui soulève des questions sur la correspondance réelle entre les demandes d’entrée et les besoins en personnel destiné aux soins des personnes âgées, des personnes dépendantes et des familles.
Plus de 50 000 demandes pour seulement 13 600 places
Selon les données du ministère de l’Intérieur sur les demandes déposées jusqu’au 2 octobre 2026, le secteur de l’assistance familiale a enregistré 50 701 demandes d’autorisation (nulla osta) pour 13 600 entrées disponibles.
Les demandes sont donc près de quatre fois supérieures aux quotas autorisés.
La composition des demandes est encore plus surprenante : 79,9 % concernent des hommes et seulement 20,1 % des femmes, alors que dans la réalité du travail domestique le rapport est pratiquement inverse.
Des différences marquées apparaissent aussi au niveau des nationalités. 59 % des demandes viennent du Bangladesh, d’Inde, d’Égypte et du Maroc, tandis que les principales communautés étrangères déjà employées dans le travail domestique en Italie sont roumaine, ukrainienne et philippine.
Ces données ne prouvent pas automatiquement l’existence de demandes irrégulières, et n’excluent pas que des hommes puissent exercer des activités d’assistance. Elles révèlent toutefois un décalage que les organisations du secteur jugent nécessaire d’examiner de plus près.
Filcams Cgil : un système à réformer
La Filcams Cgil dénonce un système de quotas qu’elle juge défaillant et incapable de s’attaquer efficacement au problème du travail au noir.
Selon le syndicat, la rigidité des procédures, combinée aux difficultés d’accès aux voies d’entrée régulières, risque d’aggraver la vulnérabilité des travailleurs étrangers et d’alimenter des situations d’exploitation.
Le travail domestique est en effet l’un des secteurs les plus exposés à l’irrégularité, notamment parce que l’activité se déroule le plus souvent à l’intérieur des logements privés.
L’absence de contrat régulier peut entraîner la perte de garanties importantes, des cotisations de retraite aux congés, jusqu’à la protection en cas de maternité et de maladie.
Pour les familles, la difficulté de trouver du personnel qualifié et disponible complique encore davantage l’organisation quotidienne de l’assistance.
Les nouveautés du décret Flussi 2027
Le problème se pose à nouveau alors que la procédure pour les entrées de l’an prochain a déjà commencé.
Le décret Flussi 2027 prévoit au total 165 850 entrées de travailleurs étrangers, dont 14 000 réservées à l’assistance familiale dans le cadre des quotas ordinaires.
Du 23 octobre au 7 décembre 2026, il est possible de pré-remplir les demandes sur le portail du ministère de l’Intérieur, tandis que le « click day » pour le secteur domestique est fixé au 18 février 2027.
Un canal hors quotas reste également prévu, avec 10 000 entrées par an pour l’assistance à certaines catégories de personnes, notamment les personnes âgées de plus de 80 ans, les personnes handicapées et les enfants jusqu’à six ans.
Le besoin de voies d’entrée plus efficaces
La Filcams demande de dépasser les failles du mécanisme actuel, grâce à des canaux plus stables et à davantage de garanties pour les travailleuses, les travailleurs et les familles.
Le débat concerne aussi les associations d’employeurs du secteur domestique, qui réclament des corrections dans la répartition des quotas afin de mieux l’adapter aux caractéristiques du secteur.
La question prend une importance particulière dans un pays marqué par le vieillissement progressif de sa population et par des besoins croissants en assistance à domicile.
L’enjeu ne porte pas seulement sur le nombre de travailleurs étrangers autorisés à entrer en Italie, mais aussi sur la capacité du système à transformer ces entrées en emplois effectifs, réguliers et protégés.


