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25° JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DE CARTHAGE: Sujets sociaux, politiques et nouveaux regards sur l’histoire

Africiak! 

Ouvertes samedi 29 novembre, les 25e Jcc se poursuivent jusqu’au 6 décembre à Tunis et dans 6 autres villes tunisiennes. Le festival a près de 50 ans aujourd’hui, il est une fenêtre sur le monde, un creuset d’échanges intellectuels et il se veut un lieu privilégié d’expression pour la jeunesse.

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Ouvertes samedi 29 novembre, les 25e Jcc se poursuivent jusqu’au 6 décembre à Tunis et dans 6 autres villes tunisiennes. Le festival a près de 50 ans aujourd’hui, il est une fenêtre sur le monde, un creuset d’échanges intellectuels et il se veut un lieu privilégié d’expression pour la jeunesse. Le festival s’invite pour la première fois dans six régions de la république, pour que la fête du cinéma soit partagée. Traitant de manière subtile de sujets ayant trait à la protestation populaire, à la liberté et la bonne gouvernance en Afrique et dans le monde arabe, quelques films apportant un regard nouveau ont particulièrement interpellé le public tunisien qui s’y est beaucoup identifié.

Projeté en compétition officielle, “C’est eux les chiens” du réalisateur marocain Hicham Laasri a réussi à exporter sa fiction purement marocaine à un public qui se l’est approprié. D’une durée de 85mn, ce film aux airs de reportage télé relate l’histoire d’une rencontre, en 2011 sur fond de révolte et de grands changements dans les pays arabes, entre une équipe de télévision couvrant des manifestations à Casablanca et un vieil homme qui ne se souvient même plus de son nom cherchant à retrouver sa famille. Le vieil homme, joué par Hassan Badida, ne se souvient que de son matricule de prisonnier, “404”, qu’il a reçu lors de son incarcération en 1981 lors d’une manifestation massive contre la cherté de la vie et qui revendiquait un profond changement au Maroc. Dans ce film, deux générations se retrouvent, par pur hasard et de manière naïve, mêlées au même combat, à 30 ans d’intervalle, une lutte sociale à laquelle le public s’est identifié puisque le film aborde une période, l’année 2011 qui a connu la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, où la Tunisie connaissait une grande effervescence sociale et politique.

Autre sujet, même contexte, le long métrage “Soleils” coréalisé par le Burkinabé Dani Kouyaté et le Olivier Delahaye mettant en scène en 96 mn un voyage à travers le temps et l’Afrique mené par un griot dépositaire de la mémoire collective orale d’une ethnie. Ce griot parcourt l’Afrique pour montrer à une jeune femme du 21e siècle que le continent regorge lui aussi de sagesse sociale et politique depuis la charte de l’empire Mandé au 13e siècle en passant par le président Aboubacar Sangoulé Lamizana (2ème président de la Haute Volta ûactuel Burkina Faso- de 1966 à 1980), Nelson Mandela et par de vieux érudits du Mali. Ce voyage excentrique à travers les empires africains ancestraux, européens colonisateurs et les pays africains contemporains, où les siècles et les continents ne sont séparés que par des portes, a été perçu par le public comme une manière de dire que le continent a aussi “ses lumières” et qu’elles peuvent être plus “sages” que les modèles des anciennes puissances coloniales “s’ils n’étaient pas tombés dans l’oubli”.

A un moment où les tunisiens sont appelés aux urnes, plusieurs spectateurs ont confié que des “approches nouvelles” sur des sujets importants de l’histoire contemporaine, comme celle de Hicham Laasri, Dani Kouyaté et Lyes Salem, “questionnent”, chacun à partir de son histoire respective, toutes les “sociétés africaines et arabes” et y lancent le débat.

 

 

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