Quand Binta Sagna s'adressa au rappeur Alonzo à propos de son dernier clip "Binta" (VIDÉO) - Africa Nouvelles

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Du temps de l'esclavage, trois siècles durant, le corps de nos mères et de nos sœurs fut livré aux appétits sexuels du maître blanc lequel ne se gênait pas pour les violer en cas de résistance. 

Dépossédée de son corps en tant que travailleuse non rémunérée dans les champs de canne ou de coton, la femme noire l'était doublement à cause de la lubricité de celui qui l'avait achetée sur le marché aux esclaves.

On pourrait légitimement penser que cette époque est révolue, mais non la preuve en est avec le dernier clip "Binta" d'un rappeur nommé Alonzo, qui m'a touché car je porte ce prénom pour lequel je me bats pour porter une réputation au plus haut et celui de ma grand-mère de surcroît qui s'appelait Binta.

Aujourd'hui Binta, celle qui n’a pas peur de te dire tes quatre vérités, celle qui est indépendante, qui ne voit pas l’homme comme la seule condition de son épanouissement, celle qui a la même couleur de peau que celle qui t'a donné la vie, s'exprime.

Je suis pour la liberté d'expression mais ce qui me dérange au plus haut point, c'est que la femme noire, certes belle et qui est l'objet de tant de convoitises, se trouve toujours représentée ainsi par ces hommes noirs qui ne pensent qu'à exhiber la femme noire comme un objet, la femme noire est carrément ravalée au rang d'un "boule" qui se pavane contre le sexe des hommes.

Alonzo, n'as-tu pas conscience que ce type de clips animalisent la femme noire en la transformant en bête de sexe totalement dépourvue de cerveau? Quel exemple donnes-tu à ces jeunes filles qui écoutent ta musique, tu favorises à pervertir notre jeunesse en véhiculant des clichés de bas étage. Non, la femme noire n'est pas qu'un "boule", elle est vaillante, elle est intelligente, courageuse, se bat pour les libertés individuelles et réussit aussi en dehors du sport et de la musique. 

Binta Sagna Lilla Flicka