Sunday, Oct 26th

Last update09:00:01 PM GMT

You are here Nouvelles

La Conférence internationale intitulée «Afrique: 53 pays, une Union» a réuni, le 21 mai 2010 au "Palazzo Re Enzo" de Bologna, les leaders des pays africains et les représentants des institutions internationales.

Première étape d’un triptyque de rendez-vous (les prochains seront à Washington en 2011 et à Addis-Abeba en 2012), voué à dessiner un parcours de paix et développement pour l’Afrique, cette Conférence a été organisée par la "Fondation pour la Collaboration des Peuples" (présidée par Romano Prodi), avec le concours du Bologna Center de la Johns Hopkins University, le Haut Parrainage des Nations Unies, l’Union Africaine (UA) et la Commission Européenne.

L’objectif de la conférence est d’amener les pays africains à confier à l’Union Africaine (UA) le rôle d’interlocuteur avec le reste du monde.

Outre les représentants de la Banque Mondiale et des autres institutions et organismes particulièrement engagés dans les questions africaines, la Conférence a été honorée par la présence et les interventions d’illustres personnalités internationales telles que:

S.E. M. Abdoulaye Wade (Chef de l’Etat sénégalais)

Thabo Mbeki (ex président sudafricain)

Asha-Rose Mtengeti Migiro (tanzanienne, Vice-secrétaire général de l’ONU depuis 2007);

Abdelkader Messahel (Ministre algérien pour les Affaires africaines et maghrébines)

Joseph Boakai (Vice président du Liberia);

Moussa Dosso (Ministre ivoirien de l’Education)

Samuel Sam-Sumana (Vice-président sierra-léonais)

Abdoulie Janneh (Commissaire économique de l’ONU pour l’Afrique)

Michael A. Battle (Ambassadeur USA auprès de l’UA)

Andris Piebalgs (Commissaire européen au développement)

Zhan Shu (Ambassadeur au Département des politiques pour l’Afrique, au Ministère des Affaires Etrangères de la Chine)

Rappelons que Romano Prodi (ex président de la Commission Européenne, de 1999 à 2004 et plusieurs fois Ministre et Président du conseil en Italie) est à la tête de la Commission internationale de l’ONU et de l’UA pour les missions de maintien de la paix en Afrique.

«La priorité de l’Afrique est la paix mais ensuite vient la coopération: il y a urgent besoin de travailler ensemble. Jusqu’à présent les relations ont été bilatérales et cela a bousillé les rapports et les politiques: aujourd’hui sous la coordination de l’ONU, il faut que travaillent ensemble l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Chine, les USA et les autres grands pays», a-t-il poursuivi lançant en conclusion une idée:

«Le modèle auquel l’Europe et l’Occident devraient s’inspirer pour les politiques d’aide et soutien à l’Afrique, est celui du Plan Marshall, mis sur pied par les Etats-Unis, à la fin de la guerre au bénéfice de l’Europe en ruines. Ce plan n’était en effet pas limité aux infrastructures, mais orienté également à la reconstruction financière et économique».

M. Abdoulaye Wade a aussi invité les entreprises européennes à investir et produire en Afrique, dans une perspective d’intérêt réciproque

«Désormais je crois que l’Afrique est mure pour prendre en main ses propres choses», a observé le président sénégalais tout en précisant:

«Nous ne refusons pas les aides internationales mais demandons de pouvoir projeter nous-mêmes les actions nécessaires à notre développement. Nous ne voulons pas être privés de notre souveraineté décisionnelle. Nous voulons être souverains».

Il a dénoncé que «ça fait 50 ans qu’ils sont en train de nous rendre dépendants au lieu d’être autonomes dans nos choix», soulignant que «l’intégration économique des pays africains n’est possible qu’à travers l’intégration politique, qui doit représenter l’objectif commun. Je ne doute que nous réaliserons les Etats-Unis d’Afrique».

Lamentant notamment l’absence sur le plan international de l’Afrique «l’unique continent non représenté au Conseil de Sécurité de l’ONU», le Président Wade a dit que cette injustice doit être réparée «acceptant la présence au Conseil de Sécurité de l’Afrique qui doit avoir le droit de veto».

Milton Kwami

 

 

DENIS MUKWEGE: Le médecin congolais distingué du Prix Sakharov 2014

L'Homme qui répare les femmes! 

A Strasbourg, le Parlement européen a décerné, mardi 21 octobre, le prix Sakharov 2014 pour les droits de l'homme au gynécologue congolais Denis Mukwege, 59 ans, qui soigne dans sa clinique de Bukavu les femmes victimes de viols et de violences sexuelles dans les conflits armés de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le prix sera remis solennellement le 26 novembre à Strasbourg. 

alt

C’est le médecin congolais, Denis Mukwege, qui a été finalement récompensé. Les chefs des groupes parlementaires se sont mis d’accord et l’ont décidé à l’unanimité. Ils ont souligné que le prix Sakharov pour les droits de l’homme lui est attribué pour le courage et l’abnégation avec laquelle il soigne les femmes victimes de violences sexuelles.

Un choix difficile

Le mouvement ukrainien pro-européen Euro-Maïdan, qui s’est illustré, à partir de novembre 2013, par son engagement en faveur de la liberté à Kiev, était fortement soutenus par certains groupes du Parlement européen, et notamment le président Martin Schulz qui a souligné « le rôle majeur joué par EuroMaïdan ». La militante azerbaïdjanaise des droits de l’homme Leyla Yunus, actuellement emprisonnée, était une autre lauréate potentielle. Le président Schulz a annoncé que le Parlement enverrait une délégation en Azerbaïdjan pour soutenir la militante.

Mais finalement le prix a été attribué unanimement à Denis Mukwege. Les eurodéputés ont voulu montrer leur unité dans ce choix, même si cela n’a été ni facile ni évident de départager les candidats.

Le prix Sakharov « pour la liberté de l’esprit » est décerné à des personnes ou à des organisations qui se battent pour les droits de l’homme ou la liberté d’expression. Il est doté de 50 000 euros.

La réaction du Dr Denis Mukwege 

On le surnomme «l'homme qui répare les femmes». Dans sa région natale du Sud Kivu, à l’est de la RDC, près de 3 000 femmes sont prises en charge chaque année dans le service de gynécologie que Denis Mukwege a créé. 

«C’est un signal fort que le Parlement européen vient de donner pour dire, tout simplement, à toutes les femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits qu’elles ne sont pas abandonnées à leur propre sort et que le monde les écoute. Je crois que cela est très important. En fait, si c’est le Parlement européen qui décide de mettre des projecteurs sur ce drame humain, je me sens réconforté dans l’espoir que nous allons vers des solutions. C’est très important également pour le Congo. Vous savez, aujourd’hui le Congo vit dans une situation de « ni paix, ni guerre » et les nouvelles que nous recevons de plusieurs villages sont alarmantes. Nous espérons bien que prochainement, la population congolaise pourra vivre finalement en paix et travailler librement et, pour les femmes, aller aux champs librement. Cela, c’est très important », a-t-il déclaré, après l'annonce de l’attribution du prix. .

DENIS MUKWEGE,

«L’Homme qui répare les femmes»

Denis Mukwegw a étudié la gynécologie en France, mais c'est auprès des femmes de son pays qu'il mène son combat, des femmes aux corps meurtris par la guerre. Chaque jour le Docteur Mukwege et ses équipes les accueillent, les écoutent et les soignent dans l'hôpital de Panzi qu'il dirige depuis 1999. En 15 ans, près de 450 000 femmes violées et mutilées dans la région y ont été reçues.

C’est un combat contre la barbarie, mais aussi un combat contre le silence. Plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de la paix, et déjà récompensé par plusieurs distinctions internationales, le docteur Mukwege veut aussi porter la parole de ces femmes, et s'empare des tribunes qui lui sont offertes pour parler de leur drame et dénoncer ce qu'il qualifie de crime contre l'humanité.

Un discours qui dérange certains. Au point qu'en octobre 2012, il échappe à une tentative d'assassinant et doit être exfiltré en urgence vers la Belgique. Mais son exil ne dure pas longtemps. Très vite, les femmes de Bukavu le réclament. Elles se mobilisent même lui offrir son billet retour. « Je n’y retourne pas pour être martyr", explique-t-il quelques semaines après être rentré dans son pays. "J'y retourne pour vivre. Je ne veux pas être un héros mort, je veux continuer à faire mon travail. »

Joomla Templates and Joomla Extensions by ZooTemplate.Com

RWANDA: Le Président Paul Kagamé accuse la BBC de nier le génocide des Tutsis

Qui fait dégammer Kagamé? 

Le président Paul Kagame a accusé la BBC de nier le génocide des Tutsis de 1994, après la diffusion, par la chaîne de télévision d'un un documentaire mettant sérieusement en cause le dirigeant rwandais. 

alt

Le président Paul Kagame a accusé la BBC de nier le génocide des Tutsis de 1994, après la diffusion, par la chaîne de télévision d'un un documentaire mettant sérieusement en cause le dirigeant rwandais.Intitulé «Rwanda's untold story», le documentaire avait déjà suscité l'indignation des associations rwandaises de rescapés du génocide et d'une trentaine d'universitaires, experts, diplomates et journalistes, tous accusant la BBC de «promouvoir la négation du génocide» des Tutsis.

Dans un discours prononcé à l'occasion de la prestation de serment du nouveau président du Sénat, Paul Kagame a accusé mardi la BBC de «salir les Rwandais, de les déshumaniser, de nier le génocide» des Tutsis. Le discours a été rediffusé intégralement dans la soirée sur les ondes de la station gouvernementale, Radio Rwanda.

«Ils l'ont fait parce que nous sommes Africains et Rwandais. Ils ne peuvent pas faire un tel documentaire sur la Bosnie ou l'Holocauste, mais sur les Africains et les Rwandais ils le font et ils appellent ça la liberté d'expression. La liberté d'expression dont ils parlent est la même qui a permis à la Radio Mille Collines (RTLM, ndlr) d'appeler les gens à tuer les Tutsis en 1994», s'est révolté le chef de l'Etat rwandais.

Dans ce documentaire controversé, le président Kagame est accusé d'avoir commandité des massacres de civils hutus à grande échelle avant, pendant et après le génocide des Tutsis de 1994. Il y est désigné par des spécialistes du Rwanda et d'anciens compagnons d'armes aujourd'hui en exil comme le principal responsable de l'attentat qui coûta la vie au président hutu Juvénal Habyarimana, dans la soirée du 6 avril 1994. Cet attentat est généralement considéré comme l'élément déclencheur du génocide des Tutsis.

Le président rwandais y est également mis en cause pour des massacres de Hutus, plus tard en République démocratique du Congo (RDC) et pour la persécution d'opposants à l'intérieur comme à l'extérieur de son pays.

Interrogé dans le documentaire, l'ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, le général Kayumba Nyamwasa, aujourd'hui exilé en Afrique du Sud, affirme que  «arrêter le génocide n'était pas le souci de Kagame. Pour lui, ce qui intéressait Kagame, alors chef de la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir), n'était que la prise du pouvoir».

De son côté, l'universitaire belge Filip Reyntjens y affirme que Kagame est  «le dirigeant le plus criminel en fonctions aujourd'hui».

Pour le président rwandais, la BBC est allé chercher, pour son documentaire,  «tous les révisionnistes et les principaux génocidaire».

Dans leur lettre, la trentaine d'experts, universitaires, diplomates et journalistes demandent à la BBC de s'excuser auprès des victimes, l'accusant de  «relayer trois accusations intenables: de mentir sur la vraie nature de la milice du Hutu Power (un des bras armé des massacres), de tenter de minimiser le nombre de Tutsis assassinés et d'accuser le FPR d'avoir abattu l'avion du président Habyarimana».

Dans sa réaction, une porte-parole de la BBC affirme que le documentaire apporte une «contribution de valeur» à la compréhension d'un sujet difficile. «La BBC réfute l'idée qu'une quelconque part de ce documentaire constitue une négation du génocide contre les tutsis», ajoute la porte-parole.

Joomla Templates and Joomla Extensions by ZooTemplate.Com

ANGELINO ALFANO: "Opération Triton devant les côtes italiennes - Stop à Mare Nostrum"

Massacres en vue dans la Méditerranée! 

Les activités de Frontex n'arriveront pas aux côtes africaines. L'Italie cherchera toujours à sauver les migrants, mais l'opération lancée aux lendemains du massacre de Lampedusa a pris fin. 

alt

"La mission de Frontex Triton aura des règles d'engagement différents de Mare Nostrum et aura le principal objectif de lutter contre l'immigration clandestine et la traite des êtres humains. Ses navires fixeront la ligne de patrouille à 30 miles au large de la côte italienne et les embarcations utilisées pour le transport des étrangers pourront etre détruits", a précisé le ministre italien de l'Intérieur,  Angelino Alfano, à la Chambre des Députés. 
 
"Même après l'élimination de Mare Nostrum, l'Italie continuera à remplir son devoir de «recherche et sauvetage» auquels sont tenus tous les pays, mais nous avons deux lignes de défense sur nos frontières: une à 30 miles et une autre, plus avancée, sur les côtes africaines. Pour cela, Mare Nostrum ne pas cohabitera pas avec l'Opération Frontex et sera arreté», a-t-il ajouté, souloignant que "le seul effet irréfutable de Mare Nostrum est d'avoir évité de transformer la Méditerranée en un immense cimetière, mais c'était, dès le départ, une opération d'urgence et à terme, déterminée en urgence par le gouvernement, après les 366 morts de Lampedusa, afin de prévenir d'autres catastrophes de telle ampleur dans la mer Méditerranée. De là, c'est-à-dire l'urgence et l'éphémérité, nait son incapacité à affronter les flux migratoires de manière structurelle. C'est un orientation que je partage avec l'ensemble du gouvernement "
 
Alfano a également rappelé que Triton «démarrera le 1er novembre: le budget de Frontex sera augmenté de 20 millions € pour 2015 L'opération Frontex à la frontière sud de la Méditerranée centrale, vu le plus vaste rayon d'action qui ne se limite pas seulement au Détroit de Sicile, demandera la participation plus élargie des États membres: outre l'Italie, il y en a 19 qui se sont déjà déclarés disponibles à participer à l'opération Triton: cela signifie qu'on va réaliser une opération impliquant un nombre d'Etats participants sans précédent. Certains Etats ont donné leur disponibilité avec des structures aériennes, navales, le personnel et des experts », a conclu le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.
Joomla Templates and Joomla Extensions by ZooTemplate.Com

FORUM POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE: Tomber de rideau sur le Sommet de Marrakech

Sommes à tirer du Sommet!  

Le 9ème Forum pour le développement de l'Afrique, organisé dans la ville ocre par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), a connu la participation de plusieurs acteurs et experts dans le domaine politique et économique mais aussi de certaines personnalités dont des chefs d'Etat et de gouvernement et des ministres. Nombre de ces intervenants ont respecté la programmation de cet événement important en présentant leurs analyses sur les différents débats portant essentiellement sur les mécanismes de financement novateurs dans cinq domaines, à savoir: 

alt

■ la mobilisation des ressources nationales; 

■ les flux financiers illicites; 

■ le capital investissement; 

■ les nouveaux types de partenariats; 

■ le financement de la lutte contre les changements climatiques. 

Ce qui n'a pas été le cas pour tous les intervenants marocains. Et même si quelques discours de certains d'entre eux se sont fait remarquer, d'autres ont brillé sinon par leur absence, du moins par leur irrespect du programme imparti.

Pour leur part, les intervenants étrangers ont tous tenu leur promesse et se sont relayés pour partager leur réflexion avec l'assistance. Ali Abou Sabaa, responsable au sein de la Banque Africaine de Développement (BAD), en faisait partie et dans son intervention lors d'une plénière sous le thème "Mobilisation des ressources nationales: défis et opportunités", l'occasion lui a été donnée d'appeler les pays africains à s'appuyer sur leurs ressources intérieures pour maintenir une croissance forte et soutenue.

Les pays africains doivent adopter des politiques susceptibles d'élargir l'assiette fiscale, a-t-il recommandé, notant que les recettes des impôts qui constituent la source la plus importante des ressources intérieures, ne cessent de s'améliorer en Afrique.

Lors du même atelier, le DG de la Banque Marocaine du Commerce extérieur (BMCE Bank), Brahim Benjelloun Touimi, a recommandé d'élargir les opportunités d'épargne et donc de finances additionnelles, de développer la finance de proximité (microfinances), de disséminer les services financiers et bancaires et d'intégrer le secteur informel dans les économies africaines. Il a, par ailleurs, mis en exergue l'importance de Casablanca Finance City qui est une place financière oeuvrant pour le développement de l'Afrique, en particulier les pays de la région d'Afrique du Nord, de l'Ouest et Centrale.

De son côté, la séance sur les "flux financiers illicites" a été fructueuse en matière de données et c'est Hassan Ennasser, secrétaire général de l'Unité du traitement des renseignements financiers (UTRF), entre autres, qui a pris la parole à ce sujet en plaidant pour la création d'un réseau africain d'échange d'informations pour lutter contre les flux des capitaux illicites dont le montant moyen oscille entre 50 et 148 milliards USD par an dans le continent.

Il a également indiqué qu'en vue de faire face à ce fléau qui compromet la capacité de l'Afrique à mobiliser les ressources créées pour financer le développement, il faut aussi créer un forum pour échanger les expériences des pays.

Dans la foulée et non sans rappeler que les flux financiers illicites sont des flux de capitaux non comptabilisés provenant du vol et des pots-de-vin mais aussi d'activités criminelles dont le financement du terrorisme, trafic de drogues, contrebande, racket, contrefaçon et toutes formes d'opérations de blanchiment d'argent, il a jugé nécessaire de renforcer les cellules de renseignements financiers (CRF) pour plus de vigilance, à travers la formation continue du personnel, vu que les blanchisseurs d'argent changent souvent de techniques.

Lui emboîtant le pas à ce sujet, la ministre des Finances et du plan au Cap-Vert, Cristina Duarte, a déploré la bataille de longue haleine qu'est la lutte contre ces activités criminelles, qui menacent le développement en Afrique. Tout de go, elle déclare que les gouvernements et fonctionnaires des administrations publiques en Afrique sont tous responsables de ce phénomène qui perpétue la dépendance du continent à l'égard de l'aide extérieure.

Pour rappel, selon la CEA, les transactions commerciales des multinationales, la fraude fiscale, le blanchiment du produit des transactions commerciales, l'évasion fiscale abusive par le biais d'exonérations d'impôts préjudiciables, les exemptions et les fausses facturations entre entreprises représenteraient 60 % des flux financiers illicites.

Par ailleurs, autre problématique, autre plénière, avec le "financement de la lutte contre les changements climatiques". En effet, à ce propos, Ahmed Sahiri, analyste au Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN), a relevé que le Maroc a mis en place une stratégie à long terme et un plan intégré relatifs aux énergies renouvelables des plus ambitieux tout en citant le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) sur "les lacunes en matière d'adaptation", qui avait fait état de coûts faramineux d'adaptation aux changements climatiques pour l'Afrique subsaharienne, si aucune mesure n'est prise bien sûr, pouvant atteindre entre 14 et 15 milliards USD par an et arriver à 70 milliards en 2045.

Initiée pour la première fois en dehors d'Addis-Abeba, cette rencontre a été encore une fois opportune dans la mesure où elle a permis un partage d'expériences et de points de vue entre différentes nationalités certes mais faisant partie du même continent. Quoique l'assistance ait déploré, somme toute, l'absence de certains experts marocains ainsi qu'un manque de documentation des participants marocains.

Joomla Templates and Joomla Extensions by ZooTemplate.Com

MALI: Vers une scission en douce du pays?

Que nous nous... affranchissions des scissions! 

Le 3ème round des discussions de paix inter-malien intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences armées dans le Nord-Mali. 

alt

À la veille du retour des parties maliennes à Alger, deux documents contenant les propositions de plans de sortie de crise ont été publiés par la presse malienne et internationale. Ces deux documents émanent du gouvernement malien et de la coalition des groupes politico-armés (touareg, arabes et minorités ethniques du Nord-Mali), en négociations de paix sous la médiation algérienne depuis le début de l'été dernier.

Après avoir établi une feuille de route le 24 juillet 2014, dans laquelle les parties en conflits se sont engagées à négocier de «bonne foi» dans le respect de l'unité territoriale et du caractère laïc et républicain de l'État malien, les Maliens se retrouvent donc à Alger pour décider de l'issue de cette crise qui a commencé il y a 60 ans et qui n'a jamais pu se régler par la voie des armes.

Le coup d'État de 2012 contre l'ancien président Ahmadou Toumané Touré a donné lieu à une nouvelle rébellion touarègue, sous le conduite du Mnla, qui a saisi l'occasion de cette crise institutionnelle à Bamako pour réclamer l'indépendance de l'Azawad, ce vaste territoire du Nord-Mali, devenu aussi le sanctuaire des groupes terroristes islamistes d'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique), d'Ansar Eddine et du MUJAO (Mouvement Unifié Jihadiste en Afrique de l'Ouest). Ces groupes islamistes ont profité de ce chaos institutionnel et sécuritaire pour étendre leur territoire.

Mais l'intervention militaire française a freiné leur avancée, ouvrant aussi la voie à l'entame d'un long et sinueux processus de négociations entre les rebelles et les autorités de transition de Bamako, sous la médiation de la CEDEAO (Communauté Economique de Développement des États de l'Afrique de l'Ouest), qui a abouti à la conclusion d'un accord de cessez-le-feu le 24 mai 2013 à Ougadougou (Burkina Faso). Depuis, du chemin a été fait dans ces pourparlers, malgré les violations régulières de cet accord. La volonté du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, de poursuivre les discussions de paix à Alger a été favorablement accueillie par l'Algérie, dont l'implication active dans le règlement pacifique de la crise politico-sécuritaire malienne remonte à des décennies. L'Algérie a réussi ainsi à réunir les principaux acteurs maliens autour d'une même table pour trouver une solution durable à la crise malienne. Ce qui ouvrira également de meilleures perspectives pour la stabilité de l'ensemble de la zone sahélo-saharienne et toute la région de l'Afrique de l'Ouest. C'est ce qui explique, par ailleurs, l'engagement de la communauté internationale (ONU, Union Européenne, Union Africaine et CEDEAO) aux côtés de l'Algérie dans la gestion de ce dossier explosif. Mais cela suffira-t-il pour ramener la paix au Mali ? Sûrement pas si on décortique les propositions énumérées dans le plan de sortie de crise de la coalition des groupes politico-armés du Nord-Mali.

Certes, ces groupes ont cessé momentanément de réclamer ouvertement l'indépendance de l'Azawad, mais ils n'ont pas l'intention de rentrer chez-eux sans l'obtention d'un statut particulier pour ce territoire, peu importe le temps que prendront les discussions d'Alger. Sachant d'avance que les populations maliennes du sud du pays, les organisations politiques de Bamako et les organisations de la société civile sont toutes opposées à l'idée d'un statut particulier de l'Azawad. Le gouvernement malien propose un plan de sortie de crise dans lequel il est clairement question d'une décentralisation avancée sur le plan politique, juridique et institutionnel qui touchera jusqu'à la réorganisation des corps de l'armée et des services de sécurité.

Pourtant, le Président malien et son gouvernement sont pertinemment conscients que le Mnla et ses alliés sont loin d'accepter le projet de décentralisation de Bamako. Dans leur document qui est actuellement soumis à discussion à Alger, les groupes du Nord-Mali cherchent à obtenir le statut de fédération pour l'Azawad dans le cadre d'un nouvel État malien fédéral. «Le présent statut vise la reconnaissance par le gouvernement malien de l'État fédéré de l'Azawad comme partie intégrante du territoire de la future Fédération du Mali», lit-on dans le document de la coalition des groupes armés qui, comme on le constate, affirme son respect de l'unité territoriale du Mali. Mais en avançant dans la lecture dudit document, force est de constater que cette coalition rêve d'un Azawad où Bamako n'a quasiment aucun pouvoir sur les futurs choix politico-économiques au sein de ce territoire.

Dans le second chapitre du plan de sortie de crise, lié à l'«organisation institutionnelle de l'État de l'Azawad», il est stipulé que «l'État fédéré de l'Azawad s'administre librement à travers : un gouvernement de l'État de l'Azawad dirigé par un Président élu au suffrage indirect par les Assemblées régionales de l'Azawad». Ce dernier aura la charge de coordonner «l'action gouvernementale et engage directement l'État de l'Azawad par rapport aux partenaires techniques et financiers et conduit la politique de développement socioéconomique, financière, culturelle, environnementale, sécuritaire de l'Azawad». Ce point a déjà fait l'objet d'un rejet total de la part des populations maliennes et des principaux acteurs politiques à Bamako. Des marches de protestation ont même été organisées pour dénoncer ce que les opposants au dialogue d'Alger considèrent comme un «acte de haute trahison» d'IBK.

La coalition des groupes politico-militaires du Nord-Mali pousse les choses encore plus loin en demandant le transfert du siège de l'actuelle capitale Bamako à Mopti, une ville du centre du pays, comme capitale fédérale «pour un rapprochement des services publics fédéraux de tous les citoyens», lit-on encore dans ce document. Tout en dénonçant leur exclusion de la vie politique et institutionnelle, les dirigeants des groupes du Nord-Mali semblent vouloir répéter les mêmes erreurs que les précédents gouvernements maliens.

Car, ils cherchent directement à exclure les membres issus des autres communautés évoluant dans le sud du pays des futures institutions fédérales, comme on peut le lire dans une des propositions émises concernant ce chapitre. «Pour les besoins du fonctionnement adéquat de l'administration générale de l'État de l'Azawad, il est créé une Fonction publique de l'État de l'Azawad dont les agents seront des fonctionnaires originaires de l'Azawad et issus des recrutements si nécessaire», proposent en effet le Mnla et ses alliés qui demandent, par ailleurs, de «redessiner un drapeau fédéral». En résumé, nous sommes donc loin d'une simple redistribution des cartes pour un meilleur équilibre régional à travers le Mali.

Joomla Templates and Joomla Extensions by ZooTemplate.Com