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LETTRES DES LECTEURS

FRANÇAFRIQUE: L'indépendance de l'Afrique: une mascarade!

Notre pétrole sous s'Elf-contrôle... TOTAL de la drôle de "métropole"!

Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d’une compétence absolue. J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.


Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.

Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait 8mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar BONGO : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part.

J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : Les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.

Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de 13 milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $)? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.

Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris. Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune.

En retour, Omar BONGO fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences. Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de “consultant” signé par Omar BONGO et largement rémunéré. De Roland DUMAS, le président gabonais dit qu’il est “ami intime”. Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas SARKOZY, venu “prendre conseil” en tant que candidat à l’élection présidentielle.

Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et des médias. A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières.

En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée.
Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un État dans l’État, conçu par Pierre GUILLAUMAT un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo Brazzaville, en Angola…
Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir. Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient… Les banques françaises, BNP-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises. Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai
appris en marchant.
A l’arrivée, le tableau est effrayant. L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs. Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des
ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé.
Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.
La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde.
Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ? L’indépendance en Afrique : une mascarade Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue.
L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest. L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le “gendarme” qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De GAULLE et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique.
Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que “là-bas, c’est différent”. – Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. – Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires. – Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles.
- Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. D’ailleurs “tout le monde fait pareil”. Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington.
Il y a pourtant bien des symétries. J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses. La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes… A l’image
maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques FOCCART, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.
Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De GAULLE, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François MITTERRAND, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection… Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient. Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années.
Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts.
A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.
La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres. Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : “indigène musulman”, “sujet africain non naturalisé”, “Jfom” (Jeune Français Originaire du Maghreb), “jeune issu de l’immigration”, “fils de harkis”, “jeune des quartiers”, “Arabo-musulman”, “Français d’origine arabe”, “Français musulman”… La France de 1789, incompatible avec la françafrique.
La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme.
Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage. Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville ce que la France leur doit ? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ? La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons.

A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif. Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible.

Eva Joly
(Comitato Africano Per l'Integrazione)

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MOUVEMENT DES AFRICAINS: Lettre ouverte au Président Wade!

Le Mouvement des Africains s’indigne des atermoiements politiques qui pourraient ramener le Sénégal, pays de noble et ancienne tradition démocratique, au rang des républiques bananières africaines de toujours.         
Nous saluons la maturité du Peuple sénégalais qui, en diverses circonstances ces dernières années, a su exprimer son opposition à travers des manifestations pacifiques  dans la rue pour dire son « non » aux manœuvres politiciennes et à toutes les tactiques dont la mise en application n’aboutirait qu’à retarder la marche du développement dans  lharmonie.  C'est pourquoi nous saluons aussi, avec hauteur et dignité, la mémoire de toutes les personnes tombées, hier comme aujourd’hui, au champ d’honneur de la démocratie, quels qu’en soient les détails.

La validation, Me Abdoulaye Wade, de votre candidature pour un 3è mandat effectif à la présidence de la République a suscité le désenchantement de la population et d’une partie de la communauté internationale.
Nous vous invitons, Monsieur  le Président de la République, à savoir raison garder. Nous avons tous en mémoire les appels que vous lanciez hier à la jeunesse du « Sopi » ; vos critiques éclairées contre l’incrustation au pouvoir ; vos promesses véhémentes de ne jamais altérer la constitution dans son droit et dans son essence. Nous en sommes aujourd’hui, Monsieur le Président, à l’heure de vérité ; l’heure où il ne s’agit plus d’habiller les mots de subterfuges si le résultat doit demeurer le même et, surtout, si ce que vous comptez faire rencontre l’opposition de votre peuple.    
Le Mouvement des Africains prend acte des faits que votre candidature a été validée et celle de la vedette Youssou Ndour rejetée. Le Conseil a peut-être dit le droit; à vous de dire la sagesse.        
Vous avez été un acteur majeur de la recherche d’une solution apaisée à la crise suscitée en Côte d’Ivoire par le refus, d’abord du général Robert Guei de se plier aux obligations démocratiques et par celui, ensuite de Laurent Gbagbo d’admettre une défaite. L’une et l’autre attitude vous ont trouvé debout pour réaffirmer que même en politique la raison ne saurait s’accommoder des morts évitables.
Au Sénégal, nous en sommes à trois morts alléguées aujourd’hui ou plus, du fait de votre persistance à aller au bout d’une aventure qui vous verra résolument perdant quels que soient les résultats de la présidentielle de fin février du fait d’une non-adhésion de votre propre peuple à cette ambition.         

Monsieur le Président, pensez à la Côte d’Ivoire et ménagez-vous une sortie digne de la scène politique. Aucune victoire, même à 90% des suffrages exprimés, ne vous vaudra les acclamations qui devraient vous accompagner vers un repos politique mérité. Il y a quelques mois, vous disiez au Colonel Kadhafi qu’il était temps de partir du pouvoir. Puisse Dieu vous illuminer à en faire de même car il est encore temps de vous ressaisir pour le bien du Sénégal, pour le bien de la démocratie africaine.


Gaoussou Ouattara,

Président du Mouvement des Africains

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FESTIVAL RAPANDAR (SÉNÉGAL): Rapport spécial sur l'état du festival par le Président

Un patrimoine culturel à consever et valoriser. 
Chers amis et chers partenaires,
Comme vous le savez, depuis 8 années RAPANDAR a fait ses preuves sur la ville et sur le développement culturel de la région.
Vous avez battus toutes ces années pour donner l’espoir à la jeunesse et appuyer leurs initiatives sur la région. Le RAPANDAR est maintenant dans l’agenda national et dans l’agenda de la commune de Saint-Louis.
Comme vous le savez aussi, la population a supporté le festival comme le syndicat d’initiative et le service du tourisme avec les hôtels de la place qui ont toujours respecté leurs engagements sur RAPANDAR et hébergé gratuitement les participants au festival, avec l’appui du Gouverneur, du Préfet, du Conseiller spécial auprès du Premier Ministre, de Mme Fabienne Diouf, la fille de l’ancien Président du Sénégal, de l’ambassade de France au Sénégal, du Président de l’Économie du Sénégal, de M. Ousmane Masseck Diaye et aussi l’appui de la presse sénégalaise qui a  toujours suivi le projet de près, parce que ce sont aussi des membres fondateurs du festival RAPANDAR et les autres partenaires privés.

Mais, cette année 2011, RAPANADAR n’a pas obtenu l’appui de la région comme la mairie de Saint-Louis et le Conseil Régional. Nous avons aussi perdu l’appui de Nescafé, de l’ANPT  et du service tourisme du Sénégal. Il n’ y avait que la population qui appuyait ce projet.
Je pose alors une seule question : où sont les conventions signées par les autres villes qui travaillent avec la ville de Saint-Louis sur la culture et le social ?
Dans ces conventions signées par le Maire de Saint-Louis et par le Conseil Régional, le travail de RAPANDAR dans la ville a été reconnu et un travail en partenariat avec la région était prévu.
Alors que beaucoup de pays se déplacent à Saint-Louis pour donner des formations aux jeunes saint-louisiens, comment une Mairie, premier administrateur de la ville, peut ne pas respecter ses engagements en faveur de la jeunesse ?
Tous les anciens maires qui ont appuyé ce projet, même après avoir terminé leur mandat, continuent de soutenir le festival !
Alors aujourd’hui, tout le monde se demande où est le budget de la ville pour culture ? Où est-il passé ?
Le Ministère de la Culture, qui a toujours respecté sa parole, l’Ambassade de France au Sénégal avec M. Jean-Luc Lebras et ses collègues, tout comme la population sénégalaise, savent bien que RAPANDAR est le plus grand festival pour la jeunesse au Sénégal, voire dans l’Afrique entière ; un festival qui a le pouvoir de développer une ville, car sans la culture on ne peut pas développer le tourisme.

Durant ces 8 années, nous nous sommes battus et la population s’est battue pour mettre en place le festival. Nous n’avons pas toujours été aidés et tout le monde sait aujourd’hui pourquoi nous avons pris la décision de ne pas organiser le festival en 2012 : parce que ces personnes qui devaient nous aider à continuer à faire vivre la ville et à donner de l’espoir à la jeunesse, de leur donner une chance de réussir à sortir de la violence, ne nous ont pas soutenus.
Ce sont 14 personnes qui attendaient d’être lancées, accompagnées, encadrées dans la réalisation d’une compilation qui devait sortir dans quelque temps, qui ont été abandonnées !
Pour moi la culture c’est l’âme de la terre parce que les différentes cultures sont autant d’expériences sur la tolérance. C’est grâce à la culture et au tourisme qu’il y a de la solidarité entre les pays. C’est la culture qui crée les échanges et qui permet à chacun de construire un monde meilleur. C’est seulement l’artiste qui peut transmettre un message que tout le monde peut partager dans des moments très informels, pas quelqu’un qui ne connaît pas la culture comme ces soi-disant « intellectuels » (les hommes de culture comprennent ce que je dis).
Intellectuel de quoi ? à quel niveau ? De quelle intelligence parlent-ils ? Ont-ils déjà vécu la souffrance ? le manque de travail ? la discrimination ?
C’est la corruption et la loi du plus fort qui continuent de régner. Ils agissent pour leur intérêt personnel. Ils ont des relations. Ils ont la force de l’argent et du pouvoir et croient qu’avec tout ça ils peuvent détruire n’importe quel projet. Mais heureusement certaines personnes ne se laisseront jamais détourner du bien, ne se laisseront jamais corrompre et resteront toujours de bonnes personnes car la ville de Saint-Louis ne leur appartient pas mais appartient aussi aux fils de Saint-Louis.
C’est à cette nouvelle génération que l’on doit promettre un bon avenir. Et je sais que la population donne beaucoup pour ses futurs enfants. Alors le malin et la maligne qui voient leur intérêt personnel n’ont qu’à comprendre qu’on ne peut pas manipuler les rappeurs et les journalistes qui sont libres. Ils doivent comprendre que la corruption sera toujours illégale et que ce qui restera toujours vrai c’est que c’est la population qui décide et qui a le pouvoir du droit de vote. C’est impossible de corrompre toute une population !
Cela fait combien d’années que l’on nous a promis une Maison de la Culture ? Combien de promesses qu’ils n’ont pas respectées ?
Je voulais adresser un message à la population saint-louisienne et surtout à la jeunesse : ce ne sont pas ces gens là qui vont vous donner un bon avenir !
La corruption et la manipulation par l’argent, même sur des gens complexés ne vont pas toujours fonctionner ! Et la population sénégalaise doit arrêter d’être complexée !
J’ai entendu un homme dire qu’avec de l’argent on peut acheter n’importe quel Africain, qu’il va faire ce qu’on lui dit de faire, et que même une personne innocente peut être poussée à faire n’importe quoi pour de l’argent.
C’est pourquoi aujourd’hui, au début de cette année 2012, le monde doit changer et nous devons changer les mentalités. Le bien n’a jamais perdu et le bien c’est d’assumer ses responsabilités pour soutenir les jeunes qui veulent agir pour leur ville.
Ce sont les politiciens qui dépendent des gens et pas l’inverse. Et ce n’est que si quelqu’un a peur qu’il peut se laisser manipuler et faire n’importe quoi. Mais il ne faut pas avoir peur et ce sont eux qui doivent avoir peur de nous ! Nous sommes réveillés et nous sommes intelligents, peut-être même plus intelligents que ces manipulateurs qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel.
C’est le moment de saisir sa chance !
A travers toutes les époques, de nombreuses populations sont passées à Saint-Louis ; les espagnols, les portugais, les français.  Et chacun de ces peuples a laissé des marques de son passage dans la ville ou ont fait des enfants qui sont aujourd’hui des enfants de Saint-Louis. Cela fait aussi quelques années que des américains vivent à Saint-Louis, font la fête et partagent avec la jeunesse saint-louisienne… Et c’est ça qui fait la richesse et l’histoire de Saint-Louis, parce qu’il n’y a que à Saint-Louis que l’on peut partager autant avec la population et être accueilli dans n’importe quelle maison. Ca nous le savons et ce ne sont pas des personnes qui ne sont jamais venues à Saint-Louis et qui n’ont jamais voyagé qui vont nous raconter l’histoire de notre ville. J’aimerais bien qu’un jour mon fils puisse voyager en toute liberté et aller quelque part qui soit comme ça.
Cela fait longtemps que je n’ai pas vu un fils de Saint-Louis qui réussisse à avoir sa propre entreprise, son propre restaurant ou sa propre compagnie. Même si ils sont nés dans cette ville et veulent y rester, il y a toujours malheureusement des personnes qui les empêchent de construire leur avenir ou qui  détruisent ce qu’ils ont, tout ça par jalousie. Mais il faut que ça change et que ce système disparaisse.
J’ai l’espoir de confirmer que dans quelques années le festival RAPANDAR reviendra. Mais la première chose à régler c’est de savoir où est le budget que l’état a voté, et que les gens qui ont reçu cet argent nous rendent des comptes. Ce n’est pas l’argent qui élit, c’est la population qui vote et on ne peut pas corrompre tous les habitants de la ville. J’aime les saint-louisiens et je ne cherche pas à les influencer. Les saint-louisiens voteront pour qui ils veulent. Mais on aime Saint-Louis, on y vit depuis notre naissance et on veut que les choses commencent à changer.
Pour moi, le festival RAPANDAR n’a jamais rencontré de problèmes avec des partenaires, alors aujourd’hui je ne peux pas écouter quelqu’un qui se fait manipuler et qui lance des rumeurs auprès des partenaires qui se laissent corrompre et qui ne veulent plus financer le festival.
Vraiment il faut arrêter la discrimination dans ce pays et la corruption des artistes. Dire stop aux candidats qui ne connaissent rien à la culture et qui croient qu’ils vont réussir être élus président grâce à l’appui de quelques personnes et en corrompant les artistes. Les vrais artistes n’accepteront jamais d’être abusés.
La population sénégalaise sait que nous ne sommes plus dans cette dimension politique. Ce ne sont pas les appuis internationaux qui élisent les présidents. Ce n’est plus l’argent qui décide. Dans cette génération, c’est le peuple sénégalais qui décide, avec le vote et avec sa carte d’électeur. En Afrique, les jeunes sont intelligents, ils font des études. La population sénégalaise ne veut plus voir ses enfants étudier des années, finir leurs études, avoir leur diplôme et ne pas réussir à trouver du travail parce que ce n’est que l’argent ou les relations d’influence qui te permettent de t’en sortir.
Aujourd’hui au Sénégal, nous ne sommes plus prisonniers. Nous ne devons plus nous laisser manipuler et sacrifier par les politiciens de rien du tout qui n’ont aucune expérience et qui ne savent que tricher et exploiter.
C’est le moment pour les sénégalais de savoir à qui ils doivent donner leur voix et qui peut faire avancer la population sénégalaise. C’est le moment de ne plus voter pour des bandits qui n’arrêtent pas de voler l’argent du pays. Des bandits qui sont appuyés par d’autres bandits dans d’autres pays et qui s’en foutent des jeunes qui meurent de faim. Des bandits qui veulent sacrifier les personnes qui connaissent leurs secrets et leur business pour continuer à servir leur intérêt personnel et garder leur part du gâteau.
L’Afrique peut changer. Mais ce qui doit d’abord changer c’est que les personnes sensées aider l’Afrique à se développer arrêtent de se faire de l’argent sur le dos des pauvres.

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LIBERIA: Charles Taylor agent des renseignements américains

Preuve que collaborer avec le Pentagone et la CIA n'est pas une assurance tout risque

Charles Taylor a été un agent de renseignement des services secrets américains. La rumeur courait depuis bien longtemps mais désormais l'information est confirmée officiellement par Washington.


La démarche engagée il y a 6 ans par le Boston Globe a fini par payer. En vertu de la loi sur la liberté d'information, le Pentagone a confirmé à ce journal que l'ex-président libérien qui est actuellement jugé à la Haye par le tribunal spécial pour la Sierra Leone a bien travaillé pour ses agents et ceux de la CIA.

La Defense Intelligence Agency, les renseignements militaires américains, ne lève qu'un coin du voile. Elle ne publie aucun des dizaines de documents relatifs aux informations transmises par Charles Taylor et ne dit pas non plus jusqu'à quand la collaboration s'est maintenue.

Lors d'une audience de son procès à la Haye, l'ex-président libérien avait déjà laissé entendre que les services de renseignements américains ne lui étaient pas inconnus.

Racontant son évasion ou plutôt sa libération de la prison de Plymouth en 1985, il avait expliqué qu'un garde était venu ouvrir la porte de sa cellule. A la sortie, deux agents américains l'attendaient et l'ont conduit à New York d'où il s'est envolé pour Mexico.

Quel intérêt avait les Etats-Unis à entretenir des relations avec celui qui lança une rébellion armée 4 ans plus tard ? Selon plusieurs sources, Charles Taylor pouvait protéger les entreprises américaines au Liberia, Firestone en tête, permettre de se débarrasser de Samuel Doe qui avait perdu les faveurs de Washington mais surtout fournir des informations sur Mouammar Kadhafi, son principal parrain sur le continent.

Quoi qu'il en soit collaborer avec le Pentagone et la CIA n'est pas une assurance tout risque. En 2003, Charles Taylor a été chassé du pouvoir par une rébellion soutenue par l'administration Bush et tous les procureurs du Tribunal spécial qui l'accusent de crimes contre l'humanité sont américains.

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TUNISIE: Mohamed Bouzazi, le jeune "Père" du Printemps arabe!

 

A 26 ans, il s'était immolé par le feu, tué par le désespoir.

Mohamed Bouazizi, le jeune Tunisien, pour protester contre sa mauvaise condition de vie, s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010, devant la préfecture de Sidi Bouzid, dans le centre du pays, succombant à ses blessures, 19 jours plus tard. Le geste de ce commerçant ambulant désespéré par la confiscation de sa marchandise avait donné le départ d’importants troubles sociaux dans la région.

 

Mohamed Bouazizi, qui faisait vivre sa famille grâce à la vente ambulante de fruits et légumes, s’était aspergé d’essence et y avait mis le feu après la saisie de sa marchandise par des agents municipaux qui l’avaient maltraité et empêché de porter plainte. Les autorités affirmaient qu’il ne possédait pas de permis de commercer.

La tentative de suicide du jeune homme a déclenché une vague de troubles sociaux, sur fond de chômage et de précarité des conditions de vie. Un mouvement de solidarité avec la population de Sidi Bouzid s’est développé dans de nombreuses régions du pays, donnant lieu à des accrochages entre manifestants et forces de sécurité.

Le 22 décembre 2010, toujours à Sidi Bouzid, un autre jeune chômeur Houcine Nouji, 24 ans, s’était donné la mort en escaladant un pylône électrique, tandis que le même jour, un jeune diplômé, Mohamed Ammari, 18 ans, était tué par balles lors de graves affrontements avec la police dans la ville de Menzel Benziane. Enfin, Chawki Hdiri, 43 ans, ingénieur en informatique, qui participait à la même manifestation et qui avait été blessé par balles, était mort, le 31 décembre, des suites de ses blessures.

Ismail B.

 

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