Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Réflexions envers l'immigration à l'envers!

Qu'arrive-t-il lorsque les citoyens du «pays développés» décident de partir et émigrer dans des pays que, souvent, beaucoup qualifient de "moins développés" ou "tiers monde"?

altLa crise de ces dernières années a certainement porté à se tourner vers de nouveaux horizons. Même si cela puisse sembler étrange, ces horizons se déplacent aussi vers certains pays africains qui, jusqu'à il ya quelques années, étaient considérés comme des pays à secourir, à aider mais jamais comme pays où émigrer pour pouvoir aspirer à une vie, peut-être meilleure.

Beaucoup d'Italiens, souvent entrepreneurs, ont décidé de transférer leur entreprise en Afrique, pour tenter une nouvelle économie. Mais beaucoup de jeunes étudiants aussi ont voulu et décidé d'étendre l’intérêt de leurs études vers l'Afrique. D'autres Italiens ont trouvé leur bien-être, leur nature dans les pays africains où ils ont ouvert de petites entreprises: de la construction à la restauration à l’embauche dans des entreprises locales .

Mais ce que j'ai remarqué chez ceux qui ont décidé d’émigrer en Afrique, c’est souvent le désir de changer, le rachat d'une vie parfois insatisfaite à cause du stress, du chômage, de la routine et du désir de liberté . Souvent, ceux qui émigrent dans les pays "en voie de développement" retrouvent la sérénité et la simplicité des choses, très souvent, perdues en Europe.

Une autre chose que j'ai comprise lors de mon dernier voyage au Sénégal, en parlant avec mes collègues italiens, était la différence de «l'intégration».

En Italie, pour de nombreux étrangers, le processus d'intégration est très lent et, souvent, c’est comme  comme si on y est forcé, tandis que dans de nombreux pays africains, ce terme n'existe pas: on n'a pas besoin d'être intégré, le processus d'insertion semble plus facile, on n’est pas jugé en fonction de sa provenance, en fonction de son pays d'origine, mais pour sa propre identité! En se basant sur la personne. Chacun est libre: libre d’apprendre, libre de voyager d’une ville à l’autre, de maison en maison et il n’y a pas besoin d'avoir sur soi le laissez-passer appelé permis de séjour.

Au Sénégal, j'ai eu la grande chance de rencontrer Chiara Barison, Docteur en Sciences de la communication et en Politiques transfrontalières. Elle vit depuis 4 ans au Sénégal, où elle travaille comme présentatrice dans l’émission Tv "Yeewu leen".

Avec son émission et sur son blog "Dakarlicious", elle s’occupe justement de ce nouveau phénomène: émigration à l’envers, faisant un approfondissement sur le mix culturel « Italie – Sénégal », découvrant souvent de nombreux points communs entre les deux cultures, aidant les gens à surmonter les stéréotypes,  essayant de faire comprendre à son large public, qu’émigrer est universel.

Connaitre Chiara  m'a fait réfléchir sur l'évolution rapide de la société et, avec elle, la manière de pensée. Mais ce qui m’a paru étrange, c'est le fait qu’elle se définisse une émigrée au Sénégal. Certes, les sociétés sont en pleine évolution, il n'y a rien de plus beau que de parler et de se mesurer avec une italienne qui vit au Sénégal, mon pays d'origine.

Comme elle l'a dit, la liberté de circulation doit être garantie à tous, tout être humain devrait pouvoir se déplacer dans le pays qu’il désire et ne pas réserver cette liberté aux seuls ressortissants de certains pays. Voyager, connaitre, apprendre à confronter  les cultures et à les respecter, cela nous libérera des stéréotypes qui, pendant trop d’année, nous ont été imposés.

Mariata Diop

Agri...culture africaine!

28 ans, et une grande passion: le bio. Edie Mukiibi vient d’être élu vice-présidence de l’organisation écolo-gastronomique italienne Slow Food International qui s’engage sur le continent. Et la feuille de route de cet ougandais est simple: créer de nouveaux jardins potagers sur le continent.

altEtudiant, il se passionne pour l’agriculture, conseille régulièrement les fermiers de sa localité, leur demandant de réduire l’usage d’engrais et de renouer avec les pratiques agricoles traditionnelles: "Si on prend une ferme africaine classique, on y trouve des arbres fruitiers, des légumes, des tubercule. C’est grâce à ce modèle que, pendant des siècles, l’Ouganda n’a jamais connu la famine".

Il connait le dossier sur le bout des doigts: «Dans l’ouest du pays, les agriculteurs ont massivement planté du maïs. Sauf qu’il y a eu récemment une grosse sécheresse et que les plants n’ont pas résisté. On dit qu’il faut plus de nourriture pour l’Afrique. Mais c’est de diversité dont on a besoin».

En 2008, il lie son destin à Slow Food lorsque l’organisation met en place Terra Madre, son réseau de cultivateurs en Afrique. «Nous parlions la même langue!»

Il lance des ateliers de jardinage dans les établissements scolaires situés en zone rurale. «À l’école, le jardinage est une punition. Les élèves qui arrivent en retard doivent bêcher le potager de l’instituteur. On transmet aux jeunes un regard négatif sur l’agriculture, alors qu’elle peut apporter tellement de choses».

Edie Mukibi est fier des résultats de son action: 1000 potagers bio, uniquement constitués de variétés locales et cultivés par des communautés rurales ou urbaines ont déjà vu le jour. Il voit grand puisqu’il veut multiplier leur nombre par 10.

«C’est un challenge auquel il faut s’atteler dès maintenant. Au moment où McDonald’s et KFC viennent s’installer en Afrique, nous devons défendre notre biodiversité et notre indépendance alimentaire. Nous sommes capables de nourrir notre continent!". Le message est clair !

Les pions du pionnier!

Aperçu de la biographie de ce frère ivoirien: un des pionniers de la diaspora africaine en Italie.

altL'ivoirien Raymond Lobé est un des pionniers de la Diaspora africaine en Italie et il est de ceux qui, de par leur abnégation à se mettre au service des autres, a tracé les premiers sillons dans lesquels ont pu se canaliser les histoires de l'immigration et de l'intégration d'aujourd'hui. Hommage est dû à ce grand fils de l'Afrique qui a toujours porté haut les valeurs de nos cultures et traditions dans ce pays qui nous accueille.

Très enclin aux choses relevant du social, Raymond LOBE, bénéficiaire d’une bourse d’études en Italie en 1974, a mis, à la fin de ses études professionnelles, son séjour à profit, pour une qualification dans le plus grand Centre de Formation des Cadres Syndicaux (Centro di Studi Sindacali) de Florence.

Il est actuellement syndicaliste, au même titre que les secrétaires confédéraux des syndicats comme la CISL (Confédération  Italienne des Syndicats Libres) et la CGIL (Confédération Générale Italienne de Travailleurs).
Avant son départ en l’Europe, Mr Raymond LOBE a été le principal promoteur du développement de la Commune de Zikisso (Région de Lakota, en Cote d'Ivoire), en tant que conseiller municipal, chargé du domaine socio-économique (1985-1990).

Suite au départ précipité du premier Maire, du fait de sa mauvaise gestion, il a été demandé à une équipe restreinte (conseillers) mise en place, de faire de Zikisso une ville moderne, avec un budget d’investissement d’environ 35 millions CFA.

Fort  heureusement, l’expérience vécue par Mr Raymond LOBE du développement régional de San Pédro, à l’A.R.S.O.(Aménagement de la Région du Sud-Ouest),  en tant que Chef de Zone, a été d’une grande utilité dans l’exécution de toutes les opérations.

Ainsi, suivant les besoins de la population, les priorités ont porté essentiellement sur:
● Les bureaux de la commune
● La maison du P.D.C.I.- R.D.A.
● Le Centre Culturel
● La maison de la Femme
● Le Lycée Municipal
● Le stade Omnisport…

La réalisation de toutes ces infrastructures a été possible grâce à:
● la mobilisation de tous,
● la disponibilité, le dynamisme, l’esprit d’équipe,
● la gestion rigoureuse et transparence de tous les moyens (financiers, matériels, etc.) mis à disposition.

Aussi l’implication des différentes couches sociales (hommes, femmes, jeunes gens, jeunes filles) à l’identification et à la priorisation des infrastructures a été l’élément catalyseur de la motivation de toute la communauté.
L’engagement était total et soutenu sans relâche.
La population (représentante de toutes les couches) étant associée    aux différentes prises de décisions et  s’était approprié le projet de Développement de Zikisso.

Le choix des différents opérateurs (tâcherons, artisans, entrepreneurs, et hommes d’affaires) de la Région pour leurs prestations de service avait été fait par appel d’offres.
Le principal fournisseur a été un jeune libanais (Abib Zein) opérateur économique de Lakota, qui avait fait entièrement confiance à l’équipe dirigeante, à cause de son sérieux dans la gestion du vaste programme.

Zikisso était à la une de tous les journaux, au point où des Responsables des différentes communes du pays venaient  visiter la nouvelle ville de Zikisso. Même la Grande ville de Yamoussoukro envoya des messagers, et s’était inspirée  du modèle de développement de Zikisso.
Tout cela a été, pour toute la ville de Zikisso, à la fois, un motif d’encouragement  et une fierté pour avoir pût relever le défit  à poursuivre dans le même élan son développement.

Voici la pensée de Mr Raymond LOBE: «On n'a pas besoin d'etre Maire d'une commune ou Président d'une région pour la développer». Un thème significatif, pour tout homme civile.

Il importe de souligner que Mr LOBE a été Trésorier National puis Secrétaire National de la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Catholique) -1967-1972, sous le guide spirituel d’abord du père Guichard (aumônier), puis de l’Abbé Marcel EBOI.

Par ailleurs Mr LOBE a été le promoteur de l’actuel Foyer des jeunes de Treichville, situé à l’Avenue 16 Rue 12 et transformé par la suite en un grand Centre commercial (avec des magasins et bureaux)
Ce foyer a servi de cadre privilégié à la tenue des débats, des conférences sur des sujets socio-politiques, avec la participation et l’animation d’éminents conférenciers tels que feux Usher Assouan, Charles Donwahi et bien d’autres…

La bibliothèque au sein du foyer, dirigée par Suzanne Perrin et Guitmy ne désemplissait pas, du fait de la quantité importante, de la diversité et de la qualité des ouvrages (livres, journaux etc.…) mis à la disposition du public.

Il faut retenir que le militantisme dans les organisations religieuses ont permis à Mr Lobé de défendre les intérêts des jeunes travailleurs dans l’usine BATA où il a travaillé pendant 10 ans, et de soutenir des actions d’autres travailleurs, dans diverses entreprises en Côte d’Ivoire.
C’est en cela que se définit la noblesse de sa mission prédestinée:  se mettre toujours au service des démunis d’ici et d’ailleurs.

Voilà pourquoi après sa formation professionnelle en Italie (1974 et 1978), ayant bénéficié d’une bourse du gouvernement italien et de l’ONUDI (Organisation des Nations pour l’Industrie), il s’est orienté vers le syndicalisme, dans le but d’être bien formé dans ce domaine afin d’aider les autres.

Aujourd’hui, expert en la matière, il est Responsable du Bureau d’immigration au sein de la CISL (Confédération  Italienne des Syndicats Libres), Section de Barletta, dans la province actuelle de BAT, Région de la Pouilles.

La pensée!

« ON N'A PAS BESOIN D’ÊTRE MAIRE D’UNE COMMUNE
OU PRÉSIDENT D’UNE RÉGION POUR LA DÉVELOPPER
».

 

Unité, Solidarité et Efficacité!

Interview  à  Vivo Comlan Stéphane, frais président des Béninois de Cesena, qui déclare toute sa décision à oeuvrer avec son bureau, pour resoulever la force de sa communauté vis-à-vis de l'organisation et  de la capacité de réalisation de ses objectifs et projets.

altVous voulez bien vous présenter  aux lecteurs d'Africa Nouvelles?

Je m’appelle Vivo Comlan Epiphane. Je suis en Italie depuis 15 ans. Je suis le président de l’Association «Nonvignon» de Cesena, du Haut Conseil des Béninois à l'Etranger (HCBE) Section Italie Zone 6.

Quand a été créée votre Association et quels sont les objectifs?

Notre Association a été créée depuis plus de 20 ans par nos grand-frères. Il y a de cela 4 mois qu’on m’a nommé président de l’Association. L’objectif principal est de s’entraider entre nous immigrants  ici en Italie, nous réunir, échanger les idées pour faire des projets et aider nos frères au pays, travailler avec les bailleurs de fonds, la communauté italienne pour parvenir à réaliser nos projets.

Avez-vous des projets en chantier au pays? 

Au niveau de l’association nationale dirigée par notre président qui travaille alacrement, on a eu des projets qui ont fait parvenir une trentaine de bus au pays,  sous couvert de l’Association HCBE Italie. On travaille ensemble mais il y a parmi nous, certains qui élaborent des projets qu’ils arrivent à réaliser.  Etant donné que nous sommes tous des Béninois, on couvre ces projets par  l’Association «Nonvignon», quand bien même ce fût l’œuvre d’un ou de plusieurs individus qui arrivent à aider nos frères avec des hôpitaux, des bus et autres projets au pays. C’est un but très concret parce que nos sœurs, femmes, familles et populations ont besoin de ces projets, pour s’en sortir des difficultés que nous rencontrons quotidiennement au pays.

Etes-vous en train de préparer le retour au pays?

Pour l’instant, moi personnellement, non. Mais ça dépend,  car il  y a de nos frères qui, avec la crise, ne travaillent pas, ils ont des difficultés. Sur le terrain, on ne désire pas rentrer au pays. Mais vu la crise actuelle, si quelqu’un par exemple avait une entreprise au pays, qu’il peut continuer, l'association peut l’aider avec une enveloppe pour aller recommencer cette activité-là.

Quels sont les projets futurs de votre Association? 

Je viens de prendre la présidence, l'association a eu quelques difficultés au passé. On fait des réunions une fois par mois pour échanger des idées. Le premier pas, c’est reformer le statut.
Après, ce sont les projets. On a distribué une feuille d’élaborations de projets et micro-projets. Etant donné qu'il y a des frères qui sont mieux placés pour les élaborer, on essaie de voir s’ils peuvent nous aider de manière à les réaliser.

Pouvez-vous faire des exemples?

J’ai proposé de nous transformer en une Onlus. De cette manière, on pourrait demander par exemple à la coopérative où je bosse, de donner à Caritas, tout ce qu'on jette. On pourra ainsi organiser des containers pour acheminer ces marchandises au pays, pour aider nos petits frères, les personnes démunies et ceux qui n’ont pas à manger. L'idée est de devenir Onlus pour pouvoir avoir accès à ces opportunités par exemple.

Quelles sont les activités de votre Association?

Nos sommes reconnus sur le territoire. Nous avons aussi un groupe folklorique et un groupe de ballet où nous chantons et dansons. Nous organisons des évènements et des soirées récréatives. Nous sommes invités partout à des manifestations, au niveau de l’Administration de Cesena et étant chrétiens, également dans la cathédrale ou  l’église, où notre chorale, qui chante bien, est souvent invitée.

Quels sont les effectifs de votre Association?

Le bureau a 10 membres actifs et, chaque mois, une cinquantaine de frères se réunit assidument pour échanger les idées.

Quels sont les rapports avec les autres frères africains? 

Il y a des rapports très étroits et bonne entente. On a l’occasion de se retrouver ensemble, comme à la manifestation de la Commune de Cesena qui réunit toutes les associations sur le territoire.

M. Kwami & Fatou Wade

Sénégalook!

"Gis Gis" en wolof signifie «point de vue». Grâce au projet «Les femmes et le co-développement", une collaboration entre la Ville de Milano, Arte-Fatto Onlus et l'Ong «Sunugal», la formule est désormais une marque de mode créée et réalisée par un groupe de femmes senegalaises: une façon de leur donner l'indépendance économique, tout en célébrant les traditions et en les faisant également connaître à l'étranger

altLe projet est coordonné par Gabriella Ghidoni, fondatrice de "Arte-Fatto Onlus" et responsable de la distribution de la marque en Italie

La collection printemps / été 2014 s'intitule "Ndaje" ("tressage" en wolof), pour désigner l'union de l'esprit italien et la créativité sénégalaise, et devrait débuter à Milan les 28, 29 et 30 Mars 2014, dans le cadre de  «Fa la Cosa Giusta» (Fais la Chose Juste), la foire consacrée à la consommation critique.

La diaspora au féminin!

En ce mois de mars, qui est celui de la Femme, votre journal Africa Nouvelles présente une des nombreuses soeurs africaines en Italie: Massia Touré (épouse Diabaté), de l'Association des Femmes Ivoiriennes de Forlì, Rimini et Cesena. L'occasion a été l'une de leurs rencontres mensuelles, à Cesena.

altVoulez-vous bien vous présenter et parler des activités de votre association?

Oui, Moi c’est Massia Touré, Mme Diabaté. L’Association a été créée en 2008. L’objectif de l'Association est simple. Vu qu’on est nombreux, on a jugé bon et utile de nous organiser collectivement au sein d’une association, pour partager nos expériences ici en Italie et  nous soutenir les uns les autres en nos moments, tant heureux que malheureux. En un mot, l’intention est de faire du volontariat.
On a aussi d’autres objectifs sur l’Afrique. On est certes des immigrés mais on a des idées d’aller un jour au pays, à la retraite et pouvoir réaliser quelque chose pour contribuer au bien-être de nos familles mais aussi au développement national.

Quelles sont les activités de l’association? 

Nous organisons souvent des fêtes de fin d’année, des sorties. C'est une occasion pour rencontrer les autres associations et les réalités du territoire: des évènements de promotion de notre tradition et gastronomie.

En tant que femme, quels sont les problèmes que vous rencontrez?  

Comme femme, on a plus de problèmes au niveau du travail. Beaucoup ne travaillent pas notamment. Nous sommes femmes du foyer et en meme temps mamans. Donc avec le travail et les enfants, c’est beaucoup de problèmes. Nous avons des idées et des projets pour trouver des solutions telles que les gardes d’enfants. C’est en projet.

Comment votre association marche-t-elle?

Nous faisons des cotisations personnelles régulières: normalement c’est 10 euros par mois pour la caisse et 20 euros quand il y a un malheur imprévu, comme par exemple un décès.  Les évènements sont imprévus, ça peut arriver tout d’un coup. On est africains, il peut se trouver que tu dois aller au pays pour l’enterrement.  Le temps de se chercher, ce serait compliqué car nous sommes tous présents à cette rencontre mais nous venons de très loin. Moi par exemple je viens de Forlì, d’autres arrivent de Rimini, d’autres de Cesena. On est vraiment  éparpillés.  Pour éviter de se chercher et faire du porte à porte, s’il y a l’argent dans  la caisse, on le donne à celui qui en a besoin afin qu'il puisse faire son voyage. Voilà pourquoi par exemple une des bonnes actions de solidarité pour lesquelles on cotise l’argent chaque mois. Pour ceux qui sont en difficulté, les cotisations peuvent même se faire à crédit.

En tant que femme, avez-vous pensé au retour au pays? 

Moi par exemple, je suis venue ici jeune, j’ai fait des enfants, mais mon objectif demain, c’est en tant qu’africaine d’aller chez moi à la maison. Pour le moment, on a eu des projets de retour que nous avons soumis à l'attention du président. En tant que femme, vraiment j’y pense beaucoup: c’est le retour qui est important pour nous. Tout ça c’est en projet. Je cite par exemple le cas du Sénégal où le président a eu des parcelles pour les immigrés sénégalais. .Nous aussi on aimerait avoir ce genre de trucs.

A propos du 8 mars, qu’est-ce que vous en pensez en tant que femme immigrée qui vit en Italie?

La Fete du 8 Mars, c'est une célébration historique qui honore les femmes. On tient à remercier d’abord toutes  nos mamans qui  ont lutté pour cette Fette du 8 mars et on ne fait que souhaiter qu’il y ait encore plus de mouvement, qu'il y ait encore plus d’égalité, comme on en voit aussi ces temps-ci,  aussi bien au niveau des hommes que des  femmes. Voilà c’est notre souhait plus ardent.

Milton Kwami & Ndèye Fatou Seck

Les Trois Journées de la Communauté Sénégalaise d'Italie à Firenze.

Le 14 décembre 2013 est née la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie (FASI), fruit d'un processus participé impliquant 55 associations et 11 témoins privilégiés, dont les Autorités diplomatiques du Sénégal, les institutions italiennes et les administrateurs locaux, les syndicats et les associations de catégorie. La FASI a pour but de soutenir les associations de la Communauté sénégalaise et d'en renforcer l'action interculturelle.

altLa naissance officielle de la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie (FASI) a été préparée à travers une étude de faisabilité sur les associations, menée entre décembre 2012 et septembre 2013.

Outre à recenser les Associations sénégalaises présentes en Italie, l'étude exprime la volonté de partager des objectifs et d'interagir avec des personnages clés, aussi bien en Italie qu'au Sénégal.

L'Assemblée de coordination s'est tenue à Firenze, samedi 14 décembre, de 9h00 à 13h30 à la Salle Pegaso du Palais Sacrati Strozzi, à Piazza Duomo 10, et elle a été l'occasion pour s'ouvrir à la confrontation avec toutes les associations sénégalaises au niveau national et outre.

La rencontre a vu la présence de nombreuses personnalités importantes: des institutions sénégalaises et italiennes:

●  S.E. Mme Seynabou Badiane: Ambassadeur du Sénégal en Italie;

●  Mme Cécile Kyenge: Ministre italienne de l'Intégration;

●  M. Eraldo Stefani: Consul honoraire du Sénégal à Firenze;

● Mme Ndioro Ndiaye: présidente de l’AMLD (Alliance pour la Migration, le Leadership et le Développement) ainsi que ex Directrice générale adjoint de l'OIM (Organisme International des Migrations) et ex Ministre du Développement social de la femme, l'enfance et la famille du Sénégal;

●  M. Enrico Rossi: président de la Région Toscane;

● Andrea Barducci: Président de la Province Toscane;

● Stefania Saccardi: vice-maire de la Commune de Firenze;

●  Salvatore Allocca: Assesseur au Welfare de la Toscane;

● Fabio Laurenzi du COSPE (Coopérative pour le Développement des Pays Emergeants); 

●  Marzia Sica (Fondazioni 4 Africa - "Fondations pour l'Afrique") regroupant 9 associations sénégalaises, 4 Ong et 4 fondations bancaires.

- SOUS L'ARBRE A PALABRES -

S.E. Mme Seynabou Badiane (Ambassadeur du Sénégal)  

Cette fédération qui va naitre doit être un lieu d’échange de dialogue et d’apprentissage,  mais aussi un lieu de solidarité et de démocratie. Vous êtes les Sénégalais de la diaspora. Le Sénégal compte beaucoup sur vous. L’Italie est le champion de la petite et moyenne entreprise;  je voudrais que vous saisissiez cette occasion avec des Italiens, dans le but de pouvoir attraper tout cela et investir dans votre pays. Le Sénégal fait partie des pays qui ont une croissance actuellement, cette croissance qui fait défaut en Europe.  Ce qui fait que l’Afrique en général tire l’économie mondiale. Profitez-en pour exploiter cette opportunité et mieux vous intégrer dans votre pays d’accueil et en faire profiter votre pays d’origine. Je vous remercie d’être là, d’échanger, de saisir cette occasion pour mieux comprendre pourquoi vous êtes là, et pourquoi vous devez en profiter pour vous, pour vos enfants pour qu’ils puissent mieux s’intégrer et être dans l’élite de demain. 

S.E. Eraldo Stefani (Consul du Sénégal à Firenze)  

En 1962, dans une rencontre historique à Palazzo Vecchio, le président Léopold Senghor et le  maire Giorgio La Pira (amis à la Sorbonne) s'étaient dit: «Faisons rencontrer les enfants car ils seront les futurs hommes politiques  et donc se comprendront mieux. Rapprochons nos villes pour rapprocher nos pays». Ces mots résonnent en ce moment car ça y est! Le pont est fait! C’est une réalité! En mes 17 ans de consul, j’ai vécu une évolution constante des Sénégalais. Toutes les 10 provinces de la Toscane ont, avec le Sénégal, un protocole de coopération, source d’importants projets, notamment dans la santé. Je tiens à remercier les Sénégalais pour la réussite de ces 3 journées, qui valorisent la femme. Vous nous avez fait rêver par la présence de la Ministre Cécile Kyenge, S.E. Mme Seynabou Badiane, Mme Ndioro Ndiaye. Et un merci particulier à Diye Ndiaye à qui va le mérite d’avoir œuvré à la réalisation de ce rêve. Le moment est venu pour que les Sénégalais prennent le chemin du Parlement italien.

Mme Ndioro Ndiaye (Présidente de l'AMLD)   

Le futur du monde est dans la migration. Les Sénégalais doivent comprendre qu'ils ont deux possibilités complémentaires: acquérir le meilleur de ceux chez qui ils sont, et l'ajouter à ce qui est ancré en eux-mêmes: notre culture, richesse, coeur, capacité à apprendre. La valeur ajoutée que vous créez pour l'Italie, il faut que vous puissiez aussi semer les mêmes germes de changements dans vos communautés et, avec l'aide de l'Etat, contribuer au développement de votre pays.

 

 

M. Kwami et Ndèye F. Seck

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