MAITRE FABIEN NDOUMOU: Avocat des parties civiles, au procès du meurtre de l'ivoirien Firmin Dahé par les soldats français de la Licorne (Interview) - Africa Nouvelles

COMMUNAUTÉS AFRICAINES

Procès à suivre!

Après 7 ans d’instruction, le procès sur le meurtre de l’Ivoirien Firmin MAHE a débuté à la Cour d’Assise de Paris, du 27 novembre au 07 décembre 2012. Agé de 29 ans, le jeune Ivoirien, Firmin MAHE est tué en 2005, dans des conditions atroces. Mort  étouffé dans un blindé de l’armée française, par des militaires français de l’Opération Licorne basée dans la région de Bangolo, sur le territoire ivoirien. L’avocat des parties civiles, Maître Fabien NDOUMOU nous parle dans un entretien, de ce grand  procès. Une affaire qui a indigné l’opinion publique française.

altFN:  Comment avez-vous préparé ce procès?
Me F. Ndoumou: Depuis le premier jour où j’ai été désigné par les membres de la famille de la victime, j’avais droit à la demande des copies des acte. Je pouvais demander au juge d’instruire un aspect de l’affaire. Je pouvais également communiqué les documents pouvant servir à la manifestation de la vérité.

FN:  Est-ce que les membres de la famille de Firmin MAHE vont assister au procès?
Me F. Ndoumou: Neuf membres de la famille de MAHE sont convoqués. Il y a un mineur de 8 ans, fils du défunt, qui avait 1 an à l’époque des faits. En outre, la mère de ce dernier en tant que civilement responsable. A ceux-ci s’ajoutent la compagne du défunt Edith, témoins oculaires des faits.

FN:  Comment est-ce que la famille s’est organisée pour être présente aux assises?
Me F. Ndoumou: la France a décidé de prendre en charge le transport des dix personnes convoquées, ainsi que leur séjour dans le territoire français durant les assises. Actuellement, la famille est confrontée à l’établissement des passeports biométriques.

FN: Et qu'a fait la France par rapport aux difficultés pour l’obtention de leurs  passeports?
Me F. Ndoumou: Le passeport est un document national. Il ne faut pas trop demander à ce pays.

FN:  Et les autorités ivoiriennes?
Me Fabien Ndoumou: J’ai pris contact avec l’Ambassadeur et le Consul Général de la Cote d’Ivoire en France. J’ai déjà eu deux séances de travail avec le dernier. J’ai été renvoyé auprès de la Directrice d’Exploitation de la SNEDAI. Actuellement rien de concret n’a été arrêté. Je profite de cet entretien pour lancer un cri de cœur au gouvernement ivoirien, en particulier à M. Alassane OUATTARA, Président de la Côte d’Ivoire, afin qu’il pèse de tout son poids pour permettre à la famille du défunt d’assister au procès.

FN:  Qu’est-ce la famille attend de ce procès?
Me Fabien Ndoumou:  La réhabilitation du père, frère, fils, oncle et concubin , de toutes les insanités qui ont été dites sur lui.

Flavie NGAH - Journaliste (Rome / Italie)