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AFRIQUE DU SUD: L'informaticienne Veronica Motloutsi découvre de nouvelles façons de connecter des projets technologiques

Electronique... à la "Véronique"!

La Sud-africaine Veronica Motloutsi a passé 2 mois dans la région de Boston à l'Université de Bentley et au sein de l'entreprise Cubist Pharmaceuticals, dans le cadre du programme d'échange de professionnels (Professional Fellow) du département d'État, un séjour qui lui a permis de découvrir de nouveaux moyens de connecter différents projets informatiques afin de réduire les coûts et d'en augmenter l'efficacité.

altAvec l'expansion des technologies de la communication, de plus en plus de gens peuvent désormais accéder aux nouvelles découvertes, aux débats qui se tiennent et aux informations qui s'échangent de par le monde. Mais Veronica Motloutsi, qui est originaire de l'Afrique du Sud, veut rapidement élever le niveau technologique de son pays en trouvant de nouveaux moyens d'y accroître la disponibilité des communications à large bande et WiFi.

Mme Motloutsi a terminé le programme d'échange de professionnels (Professional Fellow) du département d'État à l'Université de Bentley à Boston. Ce programme de 2 mois vient compléter son cursus éducatif et sa formation professionnelle dans le domaine des technologies de l'information (TI). Ses travaux à l'université et au sein de l'entreprise Cubist Pharmaceuticals, au Massachusetts, lui ont permis de découvrir de nouveaux moyens de connecter différents projets informatiques afin de réduire les coûts et d'en augmenter l'efficacité, grâce au partage des meilleures méthodes et pratiques.

Elle a également pu observer la manière dont le secteur public peut jouer un rôle important dans le domaine des avancées technologiques, comme par exemple avec la loi permettant à l'État du Massachussetts d'investir à hauteur de 40 millions USD dans les câbles à fibre optique et les pylônes de transmission sans fil, dans le cadre de projets pour le haut débit. Mme Motloutsi prévoit de participer à des forums en Afrique du Sud pour partager ses connaissances dans les domaines de la gestion technologique et de la communication, ainsi que sur les moyens à mettre en place pour favoriser le développement des services WiFi et à large bande.

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MALI: Conference de Bruxelles - Le pays méritera-t-il la confiance des donateurs?

Question Mali-cieuse?

La Communauté internationale s'est penchée au chevet du Mali, à Bruxelles. Passée la guerre intense contre le djihad, il faut gagner maintenant la guerre de la reconstruction. Le jeu en vaut bien la chandelle.

altLe septentrion malien est un véritable champ de ruines après le passage de ceux qui ne craignent ni Dieu, ni diable. Et, au-delà de cette région, c'est bien tout le Mali qui est malade de son économie et de ses institutions qui ont besoin d'un redressement.

Les indicateurs socio-économiques, si l'on en croit le FMI (Fonds Monétaire International), sont au rouge au Mali, avec une récession de 1,2%. Et que dire des milliers de déplacés à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, qui ont besoin de revenir au bercail et de s'insérer dans leurs communautés!

Il fallait bien ce sommet de Bruxelles pour proposer un plan Marshall pour la reconstruction du Mali. C'est sans doute ce qui a motivé cette conférence de Bruxelles placée sous le thème: «Ensemble pour le renouveau du Mali».

C'est bien heureux que le monde entier fasse de la question du Mali une préoccupation majeure. En atteste la présence de bien des têtes couronnées et d'institutions comme l'ONU, la Banque mondiale, l'Union africaine, l'Union européenne, etc.

Le Mali a été comblé au-delà de ses attentes car la communauté internationale a débloqué la bagatelle de 3 milliards 500 millions d'euros. Si ce ne sont que les sous qui manquaient pour reconstruire le Mali, le problème sera a priori vite réglé.

Cela dit, il faut féliciter les autorités de transition maliennes pour avoir formulé un plan cohérent de reconstruction du pays qui a réjoui les donateurs.

Il faut davantage féliciter ce pays, qui promet, pour sa part, de débloquer des fonds pour se redresser, quoique suffisamment éprouvé par une si longue et pénible guerre contre le fondamentalisme religieux.

Son effort est d'autant plus louable que certains pays africains, dans la même situation, ne se seraient pas résolus à en faire autant.

En tout cas, il y a moins de soucis à se faire sur la collecte de ces fonds que sur la manière dont ils seront gérés. Toute la grande question est de savoir si le Mali méritera la confiance des donateurs.

La question est, en effet, d'autant moins saugrenue que la corruption et la gabegie caractérisent ce pays, comme bien d'autres sous les tropiques africains. D'ailleurs, la corruption et ses corollaires comme le laxisme sont des tares largement critiquées sous le régime de ATT (Amadou Toumani Touré).

La preuve que cette corruption est endémique au Mali, c'est le détournement, il n'y a pas si longtemps, des fonds alloués à la lutte contre le Sida. Ce qui avait conduit les bailleurs de fonds à fermer le robinet de l'aide.

Délinquants à col blanc et autres prédateurs tenteront certainement de tremper leur barbe dans la grande soupe à sous promise à Bamako.

Au président de la transition, Dioncounda Traoré, de tenir toute sa promesse de gérer ces fonds avec toute la transparence et la rigueur qui s'imposent, lui qui s'est engagé à ne pas décevoir les donateurs. La loi sur la corruption qu'il entend faire respecter constituerait un véritable garde-fou.

Toutes proportions gardées, la rencontre de Bruxelles augure quelque chose de bon pour le redressement du Mali. La date de la présidentielle, prévue pour juillet prochain, se confirme de plus en plus.

Ce sera la surprise si cette présidentielle n'a pas lieu à la date prévue. D'autant que la France qui y tient mordicus s'active et met les moyens pour y parvenir. Pour elle, le couronnement de son succès militaire viendra après l'organisation de cette élection. L'intervention glorieuse de son armée au Mali constitue la phase I.

La phase II reste la tenue de l'élection présidentielle. C'est sans doute la raison qui explique que Paris débloque, à elle seule, la bagatelle de 280 millions d'euros pour la reconstruction du Mali. La visite de Mme Hollande au Mali entre dans ce cadre. C'est le signe d'une France qui veut rester aux côtés des Maliens dans cette période difficile. Mais une chose est de vouloir accompagner le Mali à l'élection, l'aider à se redresser.

Une autre devrait être, pour la France, de clarifier sa position sur le MNLA et le statut de Kidal qu'il occupe et qui constitue un Etat dans l'Etat malien. De gré ou de force, ce groupe armé doit quitter cette portion du territoire qu'il occupe illégalement. Cette élection que la France appelle de tous ses vœux doit se dérouler sur l'ensemble du territoire malien.

L'on ne parlera pas d'unité du Mali tant qu'une partie de son territoire est occupée par un groupe armé qui défie la république. Alors, M. Hollande, enjoignez au MNLA de libérer Kidal et sa région avant la présidentielle prévue pour juillet.

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TCHAD: La diaspora parle ...

Tchatchant du... Tchad!

Quelle orientation politique doit-on opérer pour se préoccuper de l'apport indéniable de la diaspora tchadienne dans le développement national? Quels types de rapports construire entre les instances dirigeantes du Tchad et la diaspora tchadienne? Faut-il amorcer une véritable rupture?

altL'analyse de la place et de l'apport de la diaspora tchadienne permet d'aborder ces questionnements et, ce faisant, contribue à mettre en lumière quelques pistes à explorer pour une meilleure prise en compte des apports potentiels et effectifs de la diaspora. L'importance de la diaspora tchadienne à travers le monde est aujourd'hui une réalité incontestable.

Alors que le Tchad compte plus de 11 millions d'habitants, sa diaspora serait aussi importante avec une forte présence en Afrique, en Arabie Saoudite, en Europe, au Canada et aux États-Unis d'Amérique. Ces 30 dernières années, le flux migratoire des tchadiens vers les différents continents ne cesse d'augmenter.

L'émigration des tchadiens dans d'autres pays s'explique entre autres par les événements malheureux qu'a connus le Tchad. Malgré tout, les tchadiens où qu'ils se trouvent gardent un attachement important à leur pays. Il est vrai que la progression rapide de la mobilité des tchadiens s'inscrit dans un cadre migratoire relativement récent.

Cependant, il faut reconnaître que cette diaspora, qui repose sur des tchadiens de toutes catégories socio- économiques et professionnelles, est l'un des principaux acteurs du rayonnement culturel, politique et économique du Tchad à l'étranger et pourrait servir de cas de figure pour le pays en vue d'accélérer le processus de son développement.

En dépit de son importance, la diaspora tchadienne a été pendant longtemps ignorée, voire piétinée et apparaissait dans le rôle de faire-valoir des intérêts, projets, ambitions ou discours des politiciens et de leurs manœuvres politiciennes. Elle apparaît le plus souvent comme incontournable dans les différents discours officiels ; néanmoins dans la pratique, elle est écartée des processus majeurs de (ré) construction du Tchad.

Pourtant, la diaspora tchadienne constitue un levier essentiel pour le développement, comme cela s'observe dans la plupart des pays les moins avancés dont le progrès a été significatif ces dernières années grâce, entre autres, aux apports multiples et variés de leurs diasporas. Son potentiel considérable en termes de savoir et de savoir-faire n'est pas suffisamment mis en valeur pour stimuler et entretenir le développement, la réconciliation et la paix au Tchad.

Cette absence de prise en compte et de mise en valeur de ce potentiel se reflète, entre autres, dans les relations de la diaspora avec les institutions de la République ou du moins avec les autorités ayant en charge la gestion de ces institutions qui, malheureusement perçoivent la réalité uniquement du point de vue exclusif de leur propre fenêtre. C'est pourquoi, il nous semble important que le dialogue, la communication, l'écoute, la nécessaire humilité sont des valeurs à promouvoir de part et d'autre pour bâtir une confiance mutuelle et travailler ensemble pour la promotion et la défense des intérêts du Tchad et des tchadiens.

Il faut substituer à l'image de la gestion personnelle et autoritaire des différentes institutions tchadiennes, celle d'une administration inclusive, responsable et soucieuse de l'intérêt général. Il importe tout simplement de rester conforme aux valeurs tchadiennes, garder l'indépendance d'esprit et agir avec lucidité, sincérité, transparence et bons sens, tout en développant une conscience solidaire et responsable.

Il convient de rappeler que la situation de notre pays interpelle chacun de nous en tant que citoyen. Les acteurs politiques, les opérateurs économiques, la société civile, la diaspora... , tout le monde s'accorde à reconnaître que notre pays a besoin de la synergie d'action de tous ses enfants pour son décollage socio-économique véritable. Le bon sens nous invite à l'éveil de la conscience citoyenne responsable.

D'autre part, les mécanismes organisationnels et institutionnels doivent être mis en place pour rationaliser l'implication de la diaspora dans la vie de notre pays, en capitalisant son potentiel et en le mettant au service du développement national, notamment à travers le transfert des connaissances, du savoir-faire, des investissements...

Par ailleurs, aujourd'hui plus qu'hier, le Tchad devrait s'appuyer véritablement sur sa diaspora pour rehausser son image et défendre ses intérêts à l'échelle locale, régionale et internationale. L'exemple de l'intégration et la valorisation des apports des diasporas chinoise et indienne par leurs États, qui sont au cœur des mutations profondes de leurs pays respectifs, doit nous rappeler en permanence cette évidence.

La diaspora constitue un capital humain considérable et d'une importance stratégique comme a su en prendre conscience le Premier Ministre indien Rajiv Gandhi à partir de 1984, qui la considère non pas comme une fuite des cerveaux, mais comme une banque de cerveaux qui accumule des intérêts et qui attend uniquement d'être retirée des pays d'accueil pour être à nouveau investie dans les pays d'origine.

A titre illustratif, l'importance de la diaspora des pays africains se reflète par exemple dans le volume de leurs apports. Les statistiques internationales confirment que les contributions des africains de l'étranger dépassent largement l'aide publique au développement (APD). Ce qui fait de la diaspora tchadienne un atout considérable dont il faut tenir compte pour le progrès du Tchad.

Ainsi, faire de la diaspora tchadienne un acteur majeur du développement, de la réconciliation et de la paix au Tchad constitue l'un des enjeux majeurs de ce siècle pour notre pays. Cela passe par le changement de la représentation souvent négative que la plupart de nos décideurs politiques ont de la diaspora. Il est nécessaire de rompre avec les discours qui la dévalorisent en l'assimilant à une bande de donneurs de leçon, d'assistés, d'agitateurs, de mercenaires, de profiteurs, d'opposants etc. comme si les membres de la diaspora étaient des éléments nuisibles à l'avenir de leur propre pays.

Au-delà de ce changement de mentalités, la volonté politique et sociale est vitale car cette transformation passera par celle de tous les tchadiens en général et de nos décideurs politiques en particulier ; il ne suffit pas de changer de discours pour que la situation change. Encore faut-il que les pratiques suivent, que la méthode soit adaptée et que les moyens soient à la hauteur !

Le Tchad n'est pas condamné au sous-développement ni à des embrasements tragiques, qui n'ont cessé de créer et de raviver des haines entre tchadiens, car il a des ressources naturelles et humaines propices à sa prospérité et à sa paix. Elles ne demandent qu'à être mobilisées et mises en valeur de manière efficace, efficiente, cohérente et responsable.

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CAMEROUN: Opération Epervier - Francis Dooh Collins arrêté à l'aéroport de Nsilamen, avant de prendre l'avion

Pigeon voyageur pris au... vol?

La police a interpelé Francis Dooh Collins, mardi 7 mai à l’aéroport de Nsimalen, en possession d’un passeport français et l’a relâché mercredi.

altFrancis Dooh Collins est à nouveau en liberté. Il sort tout juste d’une brève période de détention dans les locaux de la direction de la Police judiciaire, qui a duré près de 24 heures, de mardi à mercredi. Il a été libéré, sur ordre du directeur de la Police judiciaire.Il a été interpellé dans la nuit de mardi 7 mai dernier à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, au moment où il s’apprêtait à prendre place dans un vol.

La vigilance des policiers du commissariat de l’aéroport a empêché ce voyage. Concernant le document de transport utilisé pour essayer de quitter le Cameroun, que Francis Dooh Collins était détenteur d’un passeport français récent (renouvelé?) et daté de février 2013 à Paris. On ignore pour l’instant les circonstances de sa remise en liberté tout comme rien n’est encore clair sur les motifs réels de sa brève interpellation. On ignore notamment si son passeport français lui a été restitué.

Francis Dooh Collins est actuellement sous le coup d’une interdiction de sortie du Cameroun décidée par le parquet. Et il aurait tenté de braver cette interdiction grâce à l’utilisation d’un passeport français.

Qui est ce Francis Dooh Collins? Francis Dooh Collins est membre d’une fratrie bien connue au Cameroun et dont les illustres frères sont le député Rdpc de la circonscription du Wouri, Albert Dooh Collins, et le très renommé publicitaire Georges Dooh Collins. Mais il est surtout connu pour avoir accompagné le Vice-Premier ministre Amadou Ali, du temps où celui-ci officiait comme ministre de la Justice, chargé de la lutte contre les détournements de deniers publics.

Francis Dooh Collins aurait, en ce temps-là, fourni des prestations de services toutes particulières, notamment des recherches d’informations sur les comptes bancaires à l’étranger de hautes personnalités de la République. C’est d’ailleurs l’effectivité ou non de ces prestations de services qui sont à l’origine de ses ennuis judiciaires.

Tout est parti d’un câble de Wikileaks indiquant que Amadou Ali aurait confié à M. Dooh Collins de fortes sommes d’argent, environ 800 millions FCfa, afin de mettre la main sur les fonds détournés et placés à l’étranger par de hauts dignitaires du pays, emprisonnés pour la plupart. Le même câble laissait croire cependant que lesdits fonds n’auraient pas été utilisés pour ladite mission, pressentant une prestation de services fictive.

La presse a d’ailleurs récemment révélé toute la difficulté du procureur général près le Tribunal criminel spécial, Emile Zéphirin Nsoga, à obtenir, sur procès-verbal, les explications de M. Dooh Collins sur cette rocambolesque affaire.

«Si M. Dooh Collins a été libéré 24 heures après son interpellation à l’aéroport, c’est certainement parce que l’enquête sur l’affaire des 800 millions CFA n’est pas encore bouclée et rien ne permet pour l’instant de le garder», indique une source.

 

 

 

 

Après avoir tenté de s'enfuir, certaines sources indiquent que l'expert-comptable devait etre entendu au Tribunal criminel spécial.

Pour de nombreux observateurs, les jours de Françis Dooh Collins en liberté sont désormais comptés. D'après de nombreuses sources, «l'expert comptable » a été refoulé de l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen la semaine dernière alors qu'il s'apprêtait à embarquer à bord d'un vol Air-France à destination de Paris. Pour la circonstance, il utilisait un passeport français. Son passeport camerounais, lui ayant été retiré, d'après certaines sources, il y a plus d'un mois à l'aéroport de Douala, alors qu'il s'apprêtait également à embarquer à destination de Paris où se trouve son cabinet.

Il a passé la nuit de mardi à mercredi dans les locaux de la police judicaire avant d'être finalement libéré. D'autres sources indiquent « qu'il a de fortes chances d'être entendu par le procureur du tribunal criminel spécial cette semaine».

Dooh Collins, a-t-il tenté de s'enfuir ? On serait tenter d'y penser car depuis ces dernières semaines, l'étau semble s'être refermé sur celui qui est régulièrement présenté comme un protégé d'Amadou Ali, ancien ministre de la Justice. Le texte signé par le chef de l'Etat le 3 mai dernier en est certainement pour beaucoup. Car une rivalité peu ordinaire a pu être observée ces dernières semaines entre le procureur près du tribunal criminel spécial, Emile Zephirin Ntsoga et le directeur général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguelé. Le premier demandant au second de faire entendre Françis Dooh Collins.

Le chef de l'Etat Paul Biya a signé un décret portant création, organisation et fonctionnement du corps spécialisé d'officiers de police judiciaire (Opj) du tribunal criminel spécial (Tcs) dont la compétence est nationale. Ces Opj, comme on les appelle vulgairement, sont placés directement sous la direction et le contrôle du procureur général près le tribunal criminel spécial. D'après l'article 3 du texte, les Opj ont pour mission : « de diligenter les enquêtes relatives aux infractions de détournement de biens publics et infractions connexes lorsque le préjudice est d'un montant minimum de cinquante millions Fcfa (50 000 000 Fcfa) ». Ils se doivent par ailleurs, « d'exécuter les mandats de justice et les commissions rogatoires relevant de la compétence du tribunal criminel spécial ».

Ainsi Françis Dooh Collins va devoir s'expliquer devant les autorités judiciaires sur la manière dont il a géré les 880 millions de Fcfa que lui a remis l'ex-ministre de la Justice, Amadou Ali, pour traquer les présumés comptes des hauts commis de l'Etat à l'étranger. A la suite du rejet de cette liste par de nombreuses personnalités, un câble de wikileaks datant de 2009 est venu indiqué que les Américains ont sérieusement émis des réserves sur les compétences de Dooh Collins à mener de telles investigations.

«Dooh Collins a déclaré que les fonds étaient nécessaires pour assurer la coopération des gouvernements étrangers et d'autres partenaires dans l'enquête. Il a commencé par expliquer que les fonds ont été utilisés pour «attirer» l'intelligence française et suisse de fournir des renseignements pertinents parce qu'ils étaient occupés ailleurs et ne s'intéressent pas à aider le Cameroun. Il a poursuivi en indiquant qu'il a également fourni des fonds à l'intelligence Royaume-Uni en vue d'obtenir leur aide et a terminé son explication en affirmant qu'il utilisait les fonds pour subventionner le voyage et le travail accompli par le secrétaire général adjoint, en particulier au ministère de la sécurité intérieure aux Etats-Unis pour deux agents de la place pour se consacrer au dossier du Cameroun et de subventionner leur voyage».

Après vérification, les américains découvrent que Dooh Collins n'a jamais pris contact, ni avec un cabinet américain, encore moins avec des officiels. Qu'a-t-il donc fait de l'argent? C'est la question que les autorités judicaires camerounaise devront éclaircir.

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R.D. CONGO: La réintégration des déserteurs du M23 dans l'armée divise l'opinion

Contre l'insertion après désertion! 

La réintégration "aveugle et non encadrée" des déserteurs du M23 au sein de l'armée congolaise, pourrait être préjudiciable pour le pays, affirme Thomas d'Aquin Mwiti, président de la société civile du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

altDepuis le 21 avril, 87 combattants du M23, dont 12 officiers, se sont rendus par vagues successives dans les bases de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) à Kiwanja, sur le territoire de Rutshuru, et à Nyiragongo, au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.

Dans la même période, le colonel Nzala Ngomo, et 81 autres combattants rebelles, ont fait défection pour se rendre aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Julien Paluku, le gouverneur du Nord-Kivu, affirme qu'ils étaient, au 7 mai, 519 déserteurs à réintégrer l'armée, depuis 2012.

Ces redditions ont poussé le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse, porte-parole militaire de la MONUSCO à parler d'une "accélération des capitulations des rebelles".

Mais Mwiti déclare que "les mêmes erreurs produiront les mêmes effets", craignant que ces "réintégrations automatiques ne soient une infiltration des rebelles dans les FARDC. Le gouvernement devrait d'abord mettre sur pied un mécanisme sur la réintégration et la surveillance des déserteurs qui peuvent, à tout moment, regagner la rébellion".

Mwiti rappelle, à cet égard, les déclarations du colonel Ngomo, qui commandait le 41ème bataillon commando des FARDC lors de la prise de Goma en novembre 2012 par la rébellion.

"Ces responsables du M23 nous trompent et font tuer inutilement leurs combattants. Il n'y a aucun avenir dans ce mouvement armé", avait déclaré Ngomo lors de sa réintégration, le 1er mai, devant la presse à Goma. Ce colonel avait, lui aussi, rejoint les rebelles lorsque le M23 avait pris Goma.

Cette tendance de la société civile affirme que certains déserteurs du M23 cherchent à se mettre à l'abri de la justice internationale dès lors qu'ils ont été cités dans des rapports des Nations Unies pour exactions et violations des droits humains contre les civils.

"Sur ce, nous exigeons l'application de la justice militaire dans sa rigueur contre ceux qui sont cités dans ces rapports", ajoute Mwiti.

"L'armée est une idéologie commune. C'est imprudent de réintégrer ces déserteurs au sein des FARDC sans...savoir leur réelle motivation. Ils devraient d'abord passer par un centre de transit pour la rééducation", estime Juvénal Munubo, un élu de Walikale (Nord-Kivu) et membre de la Commission de défense et sécurité à l'Assemblée nationale de la RDC.

Par contre, la 'Ligue des jeunes' de Rutshuru, un collectif de 24 associations qui luttent contre l'enrôlement de désœuvrés dans les groupes armés, encourage le gouvernement à réintégrer les rebelles sans condition pour "mettre fin à la guerre", déclare Bienvenu Mazirane, président de ce groupe de la société civile de Rutshuru, selon qui, la peur a gagné certains combattants du M23 depuis l'annonce d'une nouvelle brigade des Nations Unies pour neutraliser tous les groupes armés dans l'est du pays. "Ils étaient disposés à se battre contre les FARDC, mais pas contre la brigade de la MONUSCO", ajoute-t-il.

Mais malgré les défections dans ses rangs, le M23 est déterminé à se battre contre la brigade d'intervention rapide de l'ONU.

"Comme le gouvernement de Kinshasa refuse de signer le cessez-le-feu avec le M23, c'est cette brigade qui signera la fin de la guerre par la victoire du gouvernement ou du M23", déclare le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de ce mouvement rebelle qui, en minimisant ces défections, affirme que la rébellion compte "4.500 hommes pour sauver la RDC par le sacrifice du sang".

Pour empêcher ses combattants de déserter et de se rendre à la MONUSCO, le M23 a installé une position d'observation à 30 mètres de la base de l'ONU à Kiwanja. Les rebelles ont même tiré, le 28 avril, sur deux policiers de M23 qui se rendaient avec armes à la MONUSCO. "Mais, ils ont réussi à accéder à la base de la MONUSCO", indique Mazirane.

Selon la MONUSCO, les rebelles qui se présentent à elle, suivent le processus de "désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation, en collaboration avec les services de sécurité et de renseignements de la RDC".

Par contre, les déserteurs qui se présentent aux FARDC sont directement réintégrés dans l'armée à partir de la base de Bweremana, à 50 kilomètres de Goma.

Paluku s'en félicite, décrivant les déserteurs comme des "enfants égarés qui sont retournés au bercail". Le gouverneur du Nord-Kivu appelle les autres rebelles à suivre cet exemple.

Du côté des autorités nationales, personne n'a fait de déclaration sur le sujet. Le gouvernement ne fait que constater les défections, pour l'instant.

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